Le Sénégal et la Gambie ont franchi une étape décisive dans leurs relations bilatérales en parvenant à un accord définitif sur la délimitation de leur frontière commune. L’annonce, faite par le Secrétariat permanent sénégalo-gambien, consacre l’aboutissement de plusieurs années de concertation menées sous l’impulsion des autorités des deux pays.
Selon le communiqué officiel, cet accord a été conclu conformément aux orientations des présidents sénégalais et gambien, qui ont privilégié le dialogue, la concertation et l’esprit de fraternité pour résoudre les questions frontalières. Dans cette dynamique, les opérations conjointes de réaffirmation et de densification de la frontière sud reprendront dès le 15 août 2026, sur le tronçon reliant Touba Tranquil–Dar Salam à Saré Yoro Guèye-Jahanka.
Cette avancée diplomatique intervient quelques semaines après les tensions enregistrées dans la zone de Bulock, dans la région gambienne de la Côte-Ouest. Le 17 juillet dernier, le gouvernement gambien avait accusé des éléments des Forces armées sénégalaises d’avoir démoli une partie de la clôture d’une installation militaire située au poste-frontière de Bulock, qualifiant l’incident de « profondément provocateur » et de « totalement inacceptable ».
Les autorités de Banjul avaient alors dénoncé une intervention menée sans consultation préalable et en dehors des mécanismes bilatéraux de coopération militaire et diplomatique. Malgré la gravité des accusations, elles avaient privilégié une solution négociée, annonçant l’ouverture d’un dialogue officiel avec Dakar dans le cadre du Comité militaire conjoint et des autres instances de coopération existantes. Elles avaient également insisté sur le fait que la situation sécuritaire demeurait sous contrôle, saluant la retenue des forces armées gambiennes afin d’éviter toute escalade.
De son côté, le gouvernement sénégalais avait réaffirmé son attachement au règlement pacifique du différend. Dakar avait rappelé que la zone de Bulock faisait depuis plusieurs années l’objet de discussions entre les deux États et assuré que les événements du 16 juillet ne traduisaient aucune volonté de porter atteinte à la souveraineté gambienne. Les autorités sénégalaises avaient toutefois évoqué des préoccupations concernant certaines installations considérées comme des empiètements présumés sur leur territoire, plaidant pour une gestion concertée de la frontière.
L’accord annoncé marque ainsi un tournant majeur dans le règlement de cette question sensible. En clarifiant définitivement le tracé de la frontière, Dakar et Banjul entendent prévenir de nouveaux incidents, renforcer la coopération transfrontalière et consolider des relations fondées sur des liens historiques, humains et économiques étroits.
Le Secrétariat permanent sénégalo-gambien a salué le rôle joué par Alieu Njie, président de la Commission nationale des frontières de Gambie, et le général de division Cheikh M. L. B. Camara, président de la Commission nationale de gestion des frontières du Sénégal, dont les travaux ont permis d’aboutir à ce compromis. Cette entente ouvre la voie à une coopération renforcée entre les deux pays dans la gestion de leur espace frontalier et le développement des zones concernées.




