Succession de Guterres : Macky Sall face à un tournant décisif à l’ONU

La course à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies prend une nouvelle tournure. Le cinquième scrutin…

La course à la succession d’Antonio Guterres à la tête des Nations unies prend une nouvelle tournure. Le cinquième scrutin indicatif organisé mercredi par le Conseil de sécurité place notamment Macky Sall dans une situation particulièrement délicate.

L’ancien président sénégalais, qui reste l’un des trois hommes encore en lice, conserve cinq encouragements, un niveau qu’il maintient depuis les trois derniers tours. Mais cette stabilité s’accompagne d’une progression des votes défavorables : ceux-ci passent de neuf à dix, sans aucun vote « sans opinion ».

Avec dix découragements, Macky Sall atteint ainsi un seuil critique. Au-delà de cette limite, la présence d’au moins un membre permanent du Conseil de sécurité parmi ses opposants devient mathématiquement certaine.

La rotation régionale pourrait peser contre lui

La candidature de Macky Sall se trouve confrontée à un autre paramètre important : la rotation régionale. Cette pratique, qui n’est pas inscrite dans la Charte des Nations unies, repose sur l’idée que la direction de l’Organisation devrait revenir successivement aux différentes régions du monde.

Or, après Antonio Guterres, originaire d’Europe, plusieurs États considèrent que le prochain secrétaire général devrait être issu de la région Amérique latine et Caraïbes. Trois candidats encore en lice appartiennent à cette région : la Costaricienne Rebeca Grynspan, l’Argentin Rafael Grossi et la Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett. Cette configuration pourrait donc constituer un obstacle supplémentaire pour Macky Sall.

Le cinquième tour de scrutin a parallèlement renforcé les positions de deux candidats latino-américains. Rebeca Grynspan demeure en tête avec neuf encouragements et six découragements. Rafael Grossi progresse quant à lui dans la hiérarchie avec six encouragements contre sept découragements, passant devant plusieurs candidates.

Le recul d’Olara Otunnu laisse Macky Sall seul candidat africain en position favorable

La situation de l’autre candidat africain, l’Ougandais Olara Otunnu, s’est fortement dégradée lors de ce cinquième vote. Après avoir atteint cinq encouragements lors des précédents scrutins, au même niveau que Macky Sall, Otunnu ne recueille désormais plus que dix encouragements contre douze découragements. Au moins deux de ses votes défavorables proviennent nécessairement des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Ce recul permet à Macky Sall de conserver une position supérieure à celle de son concurrent africain. Le Sénégalais maintient son socle de cinq encouragements, mais ses dix votes défavorables montrent également les limites de sa progression.

La question de la représentation féminine avait pourtant occupé une place centrale au début du processus. Dans une lettre conjointe du 25 novembre 2025, Annalena Baerbock et Michael Imran Kanu, alors présidente de l’Assemblée générale et président du Conseil de sécurité, avaient encouragé les États membres à présenter des candidatures féminines.

Lors des quatre premiers tours, les femmes avaient systématiquement occupé au moins les deux premières places. Le cinquième scrutin a cependant changé la configuration, avec Rafael Grossi désormais devant plusieurs candidates, notamment Carolyn Rodrigues-Birkett.

Macky Sall toujours dans la course

Malgré les difficultés qui se dessinent, Macky Sall reste donc dans la compétition. Ses cinq encouragements demeurent inchangés depuis trois scrutins, alors que son principal concurrent africain, Olara Otunnu, a nettement reculé.

Mais le passage à dix découragements place désormais l’ancien président sénégalais dans une zone particulièrement sensible. La suite du processus devra permettre de mesurer si son socle de soutiens peut se consolider ou si la dynamique en faveur d’une candidature issue de la région Amérique latine et Caraïbes finira par s’imposer.

Le cinquième scrutin ne clôt donc pas la course. Il place toutefois Macky Sall face à un tournant majeur dans sa tentative de succéder à Antonio Guterres.

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