Vingt-quatre ans après le naufrage du bateau « Le Joola », la douleur reste présente dans les mémoires au Sénégal. La commémoration de cette catastrophe maritime, survenue le 26 septembre 2002, occupe une place centrale dans la livraison de ce lundi de plusieurs quotidiens sénégalais.
À Ziguinchor, où la catastrophe avait particulièrement marqué les populations, les hommages aux victimes ont ravivé le souvenir du drame. Sud Quotidien revient sur cette commémoration et rappelle que le bilan officiel du naufrage a été établi à 1 864 victimes.
Le Soleil décrit pour sa part une « émotion à fleur de peau » dans la capitale du Sud. Le quotidien souligne la forte charge émotionnelle des discours prononcés lors de la cérémonie, notamment ceux du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô et de la représentante des familles des victimes et des rescapés.
Dans des propos rapportés par le journal, le chef du gouvernement a présenté le naufrage du Joola comme une question de conscience nationale appelant à la responsabilité. Il a également insisté sur la nécessité de tirer durablement les enseignements de cette tragédie.
« La leçon du Joola n’est pas derrière nous », rapporte Vox Populi, citant le Premier ministre. Pour le chef du gouvernement, le souvenir du drame doit continuer à nourrir la vigilance afin d’éviter que les comportements ayant conduit à la catastrophe ne se reproduisent.
Au-delà des cérémonies, les familles des victimes continuent toutefois de porter une revendication majeure : le renflouement de l’épave du Joola. L’As rappelle que cette demande reste au cœur de leurs préoccupations, notamment pour permettre de retrouver les restes des victimes toujours présents dans l’épave.
Le quotidien rapporte également plusieurs annonces concernant la Casamance. Le Premier ministre a notamment évoqué la tenue prochaine d’un Conseil interministériel consacré au Plan Diomaye Casamance, ainsi que la relance du projet du pont Émile Badiane.
Le statut du mémorial du Joola doit également être officiellement annoncé prochainement, selon L’As. Ces différents engagements s’inscrivent dans le contexte des commémorations et des discussions autour de la mémoire du naufrage.
Vingt-quatre ans après la catastrophe, la presse sénégalaise met ainsi en évidence un double enjeu : préserver la mémoire des milliers de victimes et répondre aux revendications encore portées par leurs familles. Le souvenir du Joola demeure donc étroitement lié aux questions de responsabilité et de prévention.
En marge de ce sujet, les journaux consacrent également une place à la nouvelle grève du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES). Le mouvement de 24 heures doit débuter ce lundi, avec la participation annoncée des internes et des médecins en spécialisation.
Le Quotidien titre ainsi sur un secteur de la santé fortement perturbé, tandis que Libération évoque la volonté du syndicat de maintenir la pression sur le gouvernement.
Sur le terrain politique, Vox Populi rapporte également les prises de position de l’ancien Premier ministre Amadou Ba depuis Paris. Le journal annonce notamment un déploiement massif de son parti, La Nouvelle responsabilité, à partir d’octobre, avec l’objectif affiché de proposer des solutions aux difficultés du pays.
De son côté, le député El Malick Ndiaye, premier vice-président de l’Assemblée nationale et membre de Pastef, s’est exprimé depuis Bergame, en Italie. « Le pays est en pause, le Sénégal est en danger », rapporte Vox Populi.
Yoor-Yoor revient également sur cette intervention et évoque un discours critique à l’égard de la trajectoire actuelle du pouvoir, dans un contexte de tensions politiques rapportées entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Mais dans cette livraison de la presse sénégalaise, c’est bien la mémoire du Joola qui occupe le devant de la scène. Vingt-quatre ans après le drame, les cérémonies de commémoration rappellent la profondeur de la perte, tandis que les familles continuent de demander que l’épave et les restes des victimes fassent l’objet d’une prise en charge conforme à leurs attentes.




