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La fronde post-élection présidentielle continue de peser lourdement dans les colonnes des journaux camerounais parus jeudi, alors que dans le même temps les fronts de la guerre sécessionniste anglophone, de la gouvernance et de l’économie montrent eux aussi des signes inquiétants.«Manifestation publique : ils veulent emprisonner Me Ndoki». À travers cette manchette, Le Jour ambitionne d’alerter l’opinion sur le cas d’une avocate récemment devenue célèbre à travers le contentieux, devant le Conseil constitutionnel, de l’élection présidentielle du 7 octobre.

Après avoir tenu tête aux juges de cette instance arbitrale pour le compte du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition), explique le journal, la courageuse auxiliaire de justice a, dimanche dernier à Douala, la métropole économique, pris la tête d’un mouvement de protestation contre la réélection proclamée du président sortant, Paul Biya.

Et le pouvoir a décidé de sévir contre la «rebelle», prolonge InfoMatin : «Une citation à prévenu à elle servie, hier, invite l’avocate à se présenter le 6 novembre devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.»

Selon cet autre quotidien à capitaux privés, l’avocate, qui crie au «hold-up électoral» et défend les intérêts du candidat Maurice Kamto, arrivé second à la présidentielle avec 14,23% des suffrages valablement exprimés, est accusée d’avoir participé à l’organisation de réunions et manifestations sur la voie publique sans avoir fait la déclaration requise et après l’interdiction légale des autorités, d’avoir incité les populations à résister à l’ordre légitime du gouverneur de la région du Littoral, contre toutes réunions publiques ou manifestations projetées par les militants du MRC le 27 octobre sur toute l’étendue de son unité de commandement.

Bien plus, Michèle Ndoki devra répondre de faits d’apologie des crimes ou délits à travers des appels à l’insurrection, en organisant des marches interdites en vue de mettre en cause l’ordre public et de déstabiliser le fonctionnement des institutions de la République à l’aide de pancartes et t-shirts portant la mention «Non au hold-up électoral».

«Les joutes à la barre promettent de beaux éclats de voix, tout comme la réaction du barreau des avocats est attendue avec intérêt.»

Après Kamto lui-même, brocardé par le pouvoir pour tentative d’insurrection, c’est désormais autour de ses défenseurs de subir les foudres du régime, souffle The Guardian Post.

Publication proche du pouvoir, L’Essentiel ne s’émeut pas outre mesure des malheurs du leader du MRC et son Plan national de résistance (PNR), lui dont les partisans «lancent des fatwa contre les personnalités (artistes, chefs traditionnels de l’Ouest, ethnies, intellectuels) ayant soutenu Paul Biya».

L’intolérance suscitée par Maurice Kamto et son refus de reconnaître sa défaite, affirme le tri-hebdomadaire, irritent de plus en plus les Camerounais au point qu’un mouvement, dénommé «Tout sauf Kamto (TSK)», vient d’être lancé par des artistes pour contrer les actions intolérantes et déstabilisatrices du candidat défait du MRC.


L’universitaire Claude Abe, interrogé par le bihebdomadaire Défis Actuels, n’est pas plus tendre, qui estime qu’en dehors des groupuscules qu’on retrouve dans les carrefours en train de faire de la gesticulation, le MRC n’a véritablement pas un capital politique humain suffisant de manière à engager une insurrection, et en même temps, les Camerounais ne sont pas dupes qui vont, rapidement, se rendre compte qu’il est dans une opération de supercherie et qu’il veut les entraîner dans une affaire qui n’a pas de légalité et ni de légitimité.

Proclamé vainqueur de la course à la magistrature suprême, Paul Biya a également, selon Baromètre Communautaire, un «casse-tête de redistribution des cartes» : outre le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), le collectif des partis de l’opposition ayant soutenu sa candidature, l’élite administrative et même les autorités traditionnelles, attendent avec impatience leur part du gâteau national.

Or, constate l’hebdomadaire, avec seulement 60 postes de ministres et assimilés à distribuer, 300 postes de directeurs généraux et directeurs généraux adjoints de sociétés publiques, sans oublier les présidents de conseils d’administration, on voit mal comment le chef de l’État pourra satisfaire toute le monde.

Et ce ne semble pas son seul souci, renchérit Mutations : le septennat 2018-2025 constitue une «bombe sociale», Paul Biya devant affronter un taux de pauvreté élevé, un accès insuffisant aux services de base que sont l’eau, l’électricité, l’accès à l’éducation, le manque d’infrastructures routières, etc. autant de «dangers» qui, à coup sûr, lui feront perdre le sommeil.

Et comme si cela ne suffisait pas, constate The Guardian Post, voilà que la crise anglophone continue de s’envenimer avec, cette fois, un religieux américain tué dans le Nord-Ouest, les séparatistes et le gouvernement se rejetant mutuellement la responsabilité de cet assassinat.

Cibler les Occidentaux est un véritable danger, acquiesce Émergence : l’Américain, tombé mercredi sous les balles à Bamenda (Nord-Ouest), est le premier ressortissant étranger à périr dans la guerre d’usure entre les sécessionnistes et l’armée et, conscient des enjeux, le gouvernement a mis le pied sur l’accélérateur pour faire éclater la vérité au plus vite.

À l’aube de son 7ème septennat à la tête du Cameroun, Paul Biya aura aussi, titrent en cœur Le Jour et Le Quotidien de l’Économie, sur sa table avec la mention «Urgent», l’autre dossier lié au climat des affaires.

En effet, expliquent ces confrères, le dernier classement «Doing Business» y relatif, établi par la Banque mondiale, fait état d’un recul de 3 points du Cameroun au plan des performances économiques en Afrique.


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