L’entretien du président sénégalais a relancé le débat sur les équilibres au sommet de l’État, entre affirmation d’autorité et tensions politiques.
À Dakar, l’entretien accordé samedi soir par le président Bassirou Diomaye Faye à trois chaînes de télévision continue de susciter de nombreux commentaires dans la presse. Le chef de l’État y a abordé la situation économique du pays, tout en assumant ses divergences avec son parti Pastef et son Premier ministre Ousmane Sonko.
Le quotidien Le Soleil souligne que le président, face à la presse nationale, s’est exprimé « sans langue de bois » sur plusieurs dossiers d’actualité. Économie, justice, politique ou encore diplomatie, Bassirou Diomaye Faye a, selon le journal, apporté des clarifications et tenté de rassurer.
Le journal insiste surtout sur ses propos relatifs à la dualité observée au sommet de l’exécutif. Le président a dénoncé une « personnification outrancière » du projet politique, affirmant que le Sénégal n’a pas besoin d’un héros, mais d’un engagement collectif des citoyens.
Pour Le Soleil, cette prise de parole confirme l’existence d’un pouvoir qualifié de « bicéphale », où la légitimité institutionnelle et la légitimité politique ne coïncident pas toujours. Une situation qui pose la question de la stabilité de l’action publique.
Sud Quotidien note également que le chef de l’État a abordé sans détour plusieurs sujets sensibles, notamment le maintien des fonds politiques, les désaccords sur la réforme du Code électoral et ses relations avec Ousmane Sonko.
De son côté, Le Quotidien estime que Bassirou Diomaye Faye affirme son indépendance. En évoquant la possibilité de nommer un autre Premier ministre en cas de perte de confiance, il a, selon le journal, rappelé les dispositions constitutionnelles, dans un contexte marqué par la perception d’un exécutif partagé.
WalfQuotidien souligne que le président a aussi évoqué plusieurs figures et institutions, tout en critiquant la personnalisation du parti et certaines pratiques internes. Une sortie interprétée comme une volonté de réaffirmer son autorité.
Pour L’As, cette intervention traduit une forme d’émancipation politique vis-à-vis d’Ousmane Sonko. L’Info évoque, quant à lui, une offensive visant à consolider le leadership présidentiel.
Enfin, L’Observateur estime que cette prise de parole met en lumière des tensions au sommet de l’État, laissant entrevoir une possible recomposition politique dans les mois à venir.




