Les quotidiens sénégalais mettent en lumière les avant-projets de réformes politiques, entre avancées annoncées et tensions autour du Code électoral.
À Dakar, les réformes politiques et institutionnelles dominent largement l’actualité à la une des journaux parus ce mardi. Selon le quotidien Le Soleil, la présidence sénégalaise a rendu publics, lundi, quatre avant-projets de loi majeurs portant sur la Constitution, la Cour constitutionnelle, le système électoral et les partis politiques. Le journal évoque à ce sujet un « tournant majeur » dans l’évolution institutionnelle du pays.
Ces textes, indique la publication, traduisent la volonté des autorités de concrétiser les engagements pris lors des dialogues nationaux. Ils devraient contribuer à consolider l’État de droit, renforcer l’inclusion et améliorer la transparence du processus électoral.
Dans la même dynamique, Sud Quotidien parle de « l’heure des réformes », soulignant que ces avant-projets sont le fruit des concertations tenues en 2024 et 2025 sur la justice et le système politique. Pour le journal, leur publication marque le démarrage effectif d’un vaste chantier institutionnel.
De son côté, Le Quotidien estime que le Sénégal s’engage dans une refonte profonde de son système démocratique. Le journal met en avant la création envisagée d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’introduction d’un financement public des partis politiques, des mesures perçues comme une rupture significative.
Le quotidien L’As note également une accélération du processus de réforme, avec la finalisation de plusieurs textes structurants, notamment la révision constitutionnelle et la refonte du système électoral. Toutefois, le journal appelle à la vigilance quant au respect de l’équilibre des pouvoirs et à la nécessité d’un consensus élargi.
Dans un registre plus critique, Walfquotidien estime que cette dynamique pourrait créer des tensions au sommet de l’État. Le journal évoque un possible « court-circuit » entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, notamment dans le contexte de l’examen, ce mardi, d’une proposition de loi portant modification de certains articles du Code électoral.
Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à se prononcer sur les articles L.29 et L.30, visant notamment à rétablir certaines conditions d’éligibilité, des voix s’élèvent pour dénoncer une démarche jugée unilatérale.
Selon plusieurs journaux, cette réforme suscite des critiques aussi bien au sein de l’opposition que dans certains cercles proches du pouvoir. Les reproches portent notamment sur un manque de consensus et une précipitation dans le processus législatif.
Au-delà des divergences, les observateurs s’accordent à dire que ces initiatives traduisent une mutation en profondeur du paysage politique sénégalais, avec des enjeux majeurs pour l’avenir démocratique du pays.




