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Sénégal : la réforme du Code électoral est adoptée malgré les tensions politiques qu’elle augure

L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté une modification du Code électoral, au terme d’un vote marqué par de vives oppositions. Une…

L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté une modification du Code électoral, au terme d’un vote marqué par de vives oppositions. Une réforme qui reconfigure les règles d’éligibilité et relance le débat politique.

Dakar, 29 avr : La presse quotidienne sénégalaise s’est largement intéressée, ce mercredi, à l’adoption par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi modifiant le Code électoral. Le texte, porté par le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes, a été approuvé mardi en séance plénière. D’après Le Soleil, 128 députés ont voté pour, 11 contre et 2 se sont abstenus sur un total de 141 votants.

Selon Les Echos, malgré les appels de l’opposition à suspendre la procédure, l’examen du texte est allé à son terme, consacrant son adoption. Le Quotidien évoque un « bras de fer victorieux » pour la majorité parlementaire, qui a réussi à faire passer cette réforme face à une opposition déterminée, dénonçant un texte jugé « personnel ».

Au cours des débats, le ministre de l’Intérieur a tenté de rassurer en revenant sur les craintes liées à une éventuelle rétroactivité. Il a soutenu que cette réforme ouvre une nouvelle phase où les antécédents judiciaires ne suffiront plus systématiquement à écarter des candidats. La proposition de loi vise à revoir les articles L.29 et L.30 du Code électoral afin de préciser et d’assouplir les conditions d’inscription sur les listes électorales. Elle limite notamment les cas de perte des droits civiques liés à certaines condamnations pénales.

D’après Le Soleil, les députés de la majorité estiment que ces dispositions avaient, par le passé, permis d’exclure des candidatures jugées crédibles dans des conditions contestées. Pour le quotidien Yoor-Yoor, cette adoption marque la fin d’un système d’exclusion automatique, ouvrant la voie à un modèle d’inéligibilité plus ciblé.

Toutefois, la réforme continue de susciter des critiques. Sud Quotidien souligne qu’elle ravive les tensions politiques, tandis que WalfQuotidien parle d’un « diktat de la majorité ». Le groupe parlementaire Takku Wallu a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel. Sa présidente, Aïssata Tall Sall, citée par Tribune, estime que cette loi présente des risques pour la démocratie.

Dans les colonnes de L’As, elle dénonce un texte à portée potentiellement rétroactive, susceptible de fragiliser les décisions de justice. Certains opposants considèrent que cette réforme vise indirectement le Premier ministre Ousmane Sonko. Cependant, le ministre de l’Intérieur, cité par Libération, a précisé que ce dernier est déjà inscrit sur les listes électorales.

Ousmane Sonko avait été écarté de la présidentielle de 2024 après une condamnation pour diffamation, confirmée par la Cour suprême en janvier 2024, puis réexaminée sans succès en juillet 2025. Par ailleurs, les journaux annoncent la libération provisoire du député Mouhamadou Ngom, dit Farba. La Cour suprême a confirmé cette décision, mettant fin à plus de quatorze mois de détention. Poursuivi notamment pour blanchiment de capitaux présumé, il a été placé sous contrôle judiciaire. Pour L’As, cette décision marque « la fin d’un long combat judiciaire ».

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