Sénégal : le limogeage d’Ousseynou Ly révèle les tensions au sommet de l’État

Le remplacement d’Ousseynou Ly par Abdoulaye Tine à la présidence alimente les spéculations sur une recomposition du pouvoir entre Bassirou…

Le remplacement d’Ousseynou Ly par Abdoulaye Tine à la présidence alimente les spéculations sur une recomposition du pouvoir entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Le départ d’Ousseynou Ly intervient dans un contexte politique marqué par des frictions croissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Figure historique du Pastef et proche compagnon de lutte des deux hommes, Ousseynou Ly est remplacé par Abdoulaye Tine, avocat et coordonnateur de la coalition Diomaye Président. Ce changement, perçu comme un signal politique fort, a rapidement suscité de nombreuses réactions.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs militants de Pastef dénoncent une « dépastefisation de l’État ». D’autres y voient plutôt une volonté du chef de l’État de réorganiser son cercle de confiance et d’affirmer son autorité.

Pour certains observateurs, ce limogeage marque le début d’une recomposition du pouvoir autour du président. Le militant des droits humains Alioune Tine évoque même le « premier acte du divorce » entre les deux têtes de l’exécutif, mettant en question le slogan de campagne « Diomaye moy Sonko ».

La tension s’est accentuée à la suite de déclarations publiques des deux dirigeants. Le 4 mai, Ousmane Sonko, lors d’une intervention devant la jeunesse du Pastef, a rappelé la vocation idéologique du parti tout en mettant en garde contre la « course aux postes ». La veille, le président Bassirou Diomaye Faye avait, de son côté, revendiqué son rôle dans la création du parti et de sa devise : « Le don de soi pour la patrie ».

Ces prises de position traduisent une rivalité désormais visible au sommet de l’État. Pour de nombreux analystes, le chef de l’État cherche à affirmer son autonomie politique dans un contexte où les équilibres internes du pouvoir semblent évoluer.

Au-delà de sa portée administrative, ce limogeage met en lumière les tensions d’un tandem exécutif dont la cohésion, longtemps mise en avant, apparaît aujourd’hui fragilisée.

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