L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de transformer la coalition Diomaye Président en un parti politique continue de dominer les colonnes de la presse sénégalaise. Au lendemain de son audience avec 306 maires issus des quatorze régions du pays, les quotidiens analysent les conséquences d’une initiative qui pourrait redessiner les équilibres de la majorité présidentielle.
Pour Le Soleil, cette volonté répond avant tout à un objectif d’organisation. Le chef de l’État souhaite doter sa mouvance d’une structure politique unifiée capable de mieux défendre son action et celle du gouvernement. Le journal souligne que cette évolution vise à renforcer la cohésion de la majorité autour du président.
De son côté, Sud Quotidien voit dans cette annonce une étape décisive de la consolidation du pouvoir présidentiel. Le quotidien relève toutefois que la revendication du soutien de 306 maires a immédiatement suscité une réaction de l’opposition. Les responsables de Alliance pour la République (APR) contestent ce chiffre et dénoncent ce qu’ils qualifient d’opération de communication politique.
L’analyse de Le Quotidien va plus loin. Selon le journal, cette initiative marque le début d’une véritable recomposition politique. En créant sa propre formation, Bassirou Diomaye Faye chercherait à s’émanciper de l’influence de PASTEF, son parti d’origine dirigé par Ousmane Sonko, tout en ouvrant sa future structure aux élus et cadres déçus de l’APR de Macky Sall.
Dans le même temps, L’Info relaie le rejet catégorique de cette initiative par la Chambre des élus de l’APR, qui considère les chiffres avancés par la coalition présidentielle comme une manipulation politique destinée à gonfler artificiellement son influence.
Le ton est plus critique dans Tribune, qui oppose les priorités politiques aux préoccupations sociales à travers une manchette dénonçant un peuple laissé de côté pendant que le président prépare son parti et que son ancien Premier ministre poursuit le développement de sa propre formation politique.
À l’inverse, WalfQuotidien met en avant le soutien affiché par Abdourahmane Diouf et son parti Awalé, qui approuvent sans réserve la création d’un grand parti présidentiel dirigé par Bassirou Diomaye Faye.
Le quotidien nuance toutefois la portée électorale de cette stratégie. Dans son analyse, il rappelle que l’histoire politique du Sénégal montre que le ralliement massif d’élus locaux ne garantit pas une victoire présidentielle. Le chroniqueur cite notamment les précédents d’Abdou Diouf, d’Abdoulaye Wade et de la majorité soutenant Macky Sall, estimant que les alliances de circonstance n’ont jamais suffi, à elles seules, à assurer le maintien ou la conquête du pouvoir.
Au fil de ces analyses, la presse sénégalaise s’accorde sur un point : l’annonce présidentielle ouvre une nouvelle séquence politique dont les effets pourraient durablement remodeler le paysage partisan du pays, entre consolidation de la majorité, repositionnements internes et affrontements avec une opposition qui conteste déjà la légitimité de cette nouvelle dynamique.




