Réuni ce mercredi au Palais de la République, le Conseil des ministres s’est tenu sous la présidence du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte marqué par une série de chantiers institutionnels, économiques et sociaux d’envergure. De la révision constitutionnelle à la gestion des finances publiques, en passant par la décentralisation et les préparatifs des grands événements religieux, la communication présidentielle a dessiné les grandes orientations de l’action gouvernementale pour les mois à venir.
Au cœur des échanges, la question constitutionnelle a occupé une place centrale. Saisie de la proposition de loi constitutionnelle n°17/2026 portée par des députés de la majorité, l’exécutif a insisté sur la nécessité d’un processus inclusif. Le chef de l’État a rappelé son rôle de garant de la Constitution et salué l’implication du ministre de la Justice lors de l’examen du texte, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre les concertations avec l’ensemble des forces vives de la Nation. L’objectif affiché est d’aboutir à une révision qualifiée de consolidation, intégrant les acquis démocratiques, l’histoire politique du pays et le fonctionnement des institutions, dans une logique de souveraineté et de stabilité institutionnelle.
Dans le même temps, la décentralisation a été érigée en priorité stratégique. Le président a demandé l’accélération de la mise en place consensuelle des pôles-territoires et a instruit les ministres concernés d’instaurer une conférence annuelle sur les finances locales, destinée à améliorer la transparence et la lisibilité de la gestion des collectivités territoriales. Une rencontre avec les exécutifs locaux est d’ailleurs annoncée pour le 2 juillet 2026, afin de donner une nouvelle impulsion à cette politique de proximité.
Sur le volet des finances publiques, une réforme structurelle a été annoncée avec la création d’une Direction générale des financements et de la dette, rattachée au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. Cette nouvelle entité aura pour mission de renforcer la gestion de l’endettement public et de consolider le suivi comptable de l’État. Le chef de l’État a par ailleurs salué la tenue du débat d’orientation budgétaire, qu’il inscrit dans un effort global d’assainissement des finances publiques et de relance économique.
Le Conseil s’est également penché sur les préparatifs des grands événements religieux prévus en août 2026, notamment le Grand Magal de Touba et le Maouloud, qui coïncident cette année avec la période hivernale. Le président a appelé à une anticipation renforcée des dispositifs logistiques et sécuritaires en collaboration avec les organisateurs. Il a également insisté sur l’urgence d’ouvrir l’hôpital El Hadji Malick Sy de Tivaouane avant ces événements majeurs.
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État est revenu sur sa visite officielle en Allemagne du 21 au 23 juin 2026, marquée par des rencontres de haut niveau avec les autorités allemandes, un forum économique et des échanges avec le secteur privé. Il a également évoqué la cérémonie de remise de diplômes aux magistrats de la promotion Dior Fall Sow, placée sous le thème de l’indépendance de la justice comme fondement de l’État de droit.
Dans sa communication, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a, pour sa part, mis l’accent sur deux priorités majeures : la gestion du foncier et l’accès à l’eau potable. Sur le premier point, il a appelé à des mesures urgentes pour sécuriser les droits des personnes de bonne foi affectées par des suspensions de travaux, tout en plaidant pour une réforme foncière globale et équitable. Sur le second, il a demandé la mise en place d’un plan d’actions destiné à résoudre les difficultés structurelles du secteur hydraulique, notamment en milieu rural et urbain, avec une feuille de route attendue sur la reprise du projet du barrage de Sambangalou.
Enfin, plusieurs communications sectorielles ont été présentées, notamment sur la souveraineté pharmaceutique par le ministère de la Santé, et sur l’éthique des agents publics par le ministère de la Fonction publique. Le Conseil a également adopté un projet de loi autorisant la ratification du Traité de Marrakech, visant à faciliter l’accès des personnes aveugles et déficientes visuelles aux œuvres publiées, confirmant ainsi la volonté de l’exécutif de renforcer l’inclusion sociale et l’ouverture internationale du pays.




