La remise du rapport annuel du Médiateur de la République au président Bassirou Diomaye Faye et les remous qui secouent le parti Pastef occupent l’essentiel de l’actualité relayée par la presse sénégalaise ce jeudi 23 juillet. Entre propositions de réformes institutionnelles et recomposition du paysage politique, les quotidiens mettent en lumière deux dossiers qui alimentent le débat national.
Au Palais de la République, le médiateur Demba Kandji a officiellement remis son rapport annuel au chef de l’État. Selon plusieurs journaux, ce document contient une série de recommandations destinées à consolider les institutions et à améliorer le fonctionnement de la justice. Parmi les principales propositions figurent un redimensionnement des missions du Conseil constitutionnel, l’ouverture d’un accès direct des citoyens au contrôle de constitutionnalité des lois, ainsi que des mesures visant à améliorer les conditions de détention et à réduire la surpopulation carcérale.
Pour Walfquotidien, cette démarche traduit une convergence de vues entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Médiateur de la République sur le renforcement de l’État de droit. Le journal souligne que, si les fondements démocratiques du Sénégal demeurent solides, ils peuvent encore être consolidés grâce à des réformes institutionnelles favorisant un meilleur accès des citoyens à la justice constitutionnelle.
À la réception du rapport, le chef de l’État s’est, de son côté, félicité de la prise en charge effective des doléances et réclamations adressées par les usagers des services publics, rapporte L’As. Tribune relève pour sa part que le document revient sur plusieurs dossiers sensibles, notamment les litiges fonciers, les difficultés liées au paiement des pensions, les réclamations administratives ainsi que les préoccupations touchant les populations les plus vulnérables, en particulier les enfants à besoins spécifiques.
Sur le terrain politique, l’attention des quotidiens se porte également sur la vague de démissions enregistrée au sein de Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko. Walfquotidien estime que cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le président Bassirou Diomaye Faye a déjà écarté plusieurs responsables de cette formation de leurs fonctions administratives, un mouvement que le journal présente comme une « désonkorisation » progressive. Selon la même source, plusieurs responsables ayant quitté Pastef rejoignent désormais la coalition présidentielle, des ralliements largement relayés sur les réseaux sociaux.
Libération observe que ce mouvement s’est accéléré ces derniers jours et touche principalement des membres de la Jeunesse patriotique du Sénégal (JPS), l’une des structures du parti. Vox Populi y voit, pour sa part, une stratégie politique visant à fragiliser Ousmane Sonko à travers une érosion progressive de sa base militante.
Face à ces départs, Pastef minimise toutefois l’ampleur du phénomène. Son secrétaire national chargé de la communication, Amadou Ba, met en avant les « centaines de milliers d’adhésions » revendiquées par le parti et relativise la portée d’une cinquantaine de démissions recensées jusqu’à présent. Une manière, selon lui, de rappeler que la formation conserve une base militante largement supérieure aux départs enregistrés, malgré le contexte politique actuel.




