La bataille pour la succession d’António Guterres entre dans une nouvelle phase. Les candidats au poste de secrétaire général des Nations Unies se retrouvent ce jeudi à New York pour une réunion publique destinée à présenter leurs visions et leurs priorités devant les États membres ainsi que la société civile. Parmi eux figure l’ancien président sénégalais Macky Sall, dont la candidature bénéficie désormais du soutien officiel de Dakar.
Baptisée « Réunion publique des Nations Unies : le prochain secrétaire général » (UN Town Hall: The Next Secretary-General), cette rencontre organisée dans la salle de l’Assemblée générale de l’ONU offre aux prétendants l’occasion de défendre leur projet pour l’avenir de l’organisation internationale. Pendant une heure et demie, de 17h00 à 18h30, les candidats doivent échanger sur les grands défis auxquels devra répondre le prochain secrétaire général, dans un contexte mondial marqué par de nombreuses crises.
Initiée par le Cabinet de la présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies, cette étape vise également à renforcer la transparence du processus de sélection et à permettre aux États membres comme au public de mieux comprendre les orientations proposées par chaque candidat.
Une sélection encadrée par des règles précises
Le choix du futur secrétaire général des Nations Unies repose sur une procédure définie par l’article 97 de la Charte des Nations Unies et encadrée par plusieurs résolutions de l’Assemblée générale consacrées à la réforme et à la revitalisation de ses travaux.
Le 5 septembre 2025, l’Assemblée générale a adopté la résolution 79/327, fixant les principes devant guider cette sélection, notamment la transparence, l’inclusivité et une plus grande implication des États membres. Le processus officiel a été lancé le 25 novembre 2025 par une lettre conjointe de la présidente de l’Assemblée générale et du président du Conseil de sécurité invitant les pays membres à proposer leurs candidats.
Chaque prétendant doit être présenté par un État membre ou un groupe d’États membres et fournir plusieurs documents, notamment une déclaration de vision, un curriculum vitae ainsi que des informations relatives au financement de sa campagne.
Dans cette logique, des dialogues interactifs sont organisés par l’Assemblée générale et retransmis sur UN WebTV afin de permettre aux candidats de présenter leurs ambitions et aux membres de l’organisation de mieux évaluer leurs profils.
Macky Sall, le pari diplomatique du Sénégal
Dans cette compétition internationale, Macky Sall occupe une place particulière en tant que seul candidat africain officiellement engagé dans la course. Ancien président du Sénégal entre 2012 et 2024, il bénéficie depuis lundi du soutien déclaré des autorités sénégalaises.
Cette décision a été annoncée à la suite d’une rencontre tenue le 17 juillet au Palais de la République à Dakar entre Macky Sall et son successeur Bassirou Diomaye Faye. Selon un communiqué du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, le chef de l’État sénégalais a décidé que « le Sénégal va apporter son plein soutien » à cette candidature.
Bassirou Diomaye Faye a également demandé au gouvernement ainsi qu’au réseau diplomatique sénégalais de mobiliser leurs efforts pour défendre la candidature de l’ancien président auprès des États membres des Nations Unies.
Macky Sall avait présenté officiellement son ambition lors de cette rencontre, tout en faisant le point sur l’avancée de sa campagne internationale. Depuis plusieurs mois, il multiplie les déplacements et les rencontres diplomatiques afin de convaincre les différents acteurs de la scène internationale. Son agenda l’a notamment conduit à Banjul, Pékin, Athènes ainsi qu’au siège des Nations Unies à New York, où il a échangé avec plusieurs représentants permanents.
Six candidats officiellement en lice
La compétition pour diriger l’ONU rassemble actuellement six candidatures officiellement enregistrées. Outre Macky Sall, présenté par le Burundi le 2 mars 2026, figurent l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, soutenue initialement par le Chili, le Brésil et le Mexique ; Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, proposé par l’Argentine ; Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, présentée par le Costa Rica ; María Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l’Assemblée générale, proposée par Antigua-et-Barbuda ; et Carolyn Rodrigues Birkett, ancienne ministre guyanaise des Affaires étrangères, candidate présentée par le Guyana.
Une autre candidate, Virginia Gamba, désignée par les Maldives en mars 2026, a finalement retiré sa candidature quelques semaines après son entrée dans la course. Les échanges publics avec les candidats ont déjà débuté depuis avril 2026 et se sont poursuivis en juin et juillet sous l’égide de l’Assemblée générale. Macky Sall avait notamment participé à cette phase d’audition le 22 avril.
Après cette période de présentation publique, le Conseil de sécurité des Nations Unies devra examiner les différentes candidatures avant de transmettre une recommandation à l’Assemblée générale. La décision finale reviendra ensuite aux États membres, conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies.
Le futur secrétaire général prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier 2027, succédant à António Guterres, qui dirige l’organisation mondiale depuis 2017.




