Sénégal : quatre ministres sous pression pour clarifier leur position politique

Le malaise gagne du terrain au sein du gouvernement sénégalais. Quatre ministres seraient désormais appelés à clarifier leur positionnement politique.…

Le malaise gagne du terrain au sein du gouvernement sénégalais. Quatre ministres seraient désormais appelés à clarifier leur positionnement politique. Selon La Voix+, Déthié Fall, Cheikh Tidiane Dièye, Boubacar Camara et Moustapha Guirassy seraient concernés par cette exigence.

Le premier dirige le département des Infrastructures. Le deuxième est chargé de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Boubacar Camara est ministre de l’Enseignement supérieur, tandis que Moustapha Guirassy dirige l’Éducation nationale.

D’après le journal, le message venu de la présidence serait désormais clair. Les intéressés devraient choisir entre leur maintien au gouvernement et leur engagement politique. L’ambiguïté ne serait plus tolérée. Cette situation intervient après la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Elle s’est concrétisée fin mai 2026 avec le départ de Sonko de la Primature. L’économiste Ahmadou Al Aminou Lô lui a ensuite succédé.

Depuis cette rupture, les positions des personnalités issues de l’ancienne coalition APTES font l’objet d’une attention particulière. Les quatre ministres concernés sont eux-mêmes à la tête de formations politiques alliées à l’ancien Premier ministre. Ils se retrouvent ainsi dans une position délicate depuis plusieurs mois. Ils continuent de participer au gouvernement tout en maintenant leurs liens politiques avec Ousmane Sonko.

Rester au gouvernement ou partir ?

Cette situation aurait atteint un nouveau tournant le 25 juillet. Ce jour-là, Kiiraay, Les Patriotes Républicains, le nouveau parti porté par le chef de l’État, tenait son assemblée générale constitutive au King Fahd Palace. De nombreux responsables politiques, parlementaires et élus locaux avaient répondu présents. Les quatre ministres, eux, ne s’étaient pas présentés à la rencontre. Cette absence a rapidement suscité des interrogations dans les milieux proches de la présidence. Elle aurait été interprétée comme un signal politique, voire comme la manifestation d’une position ambiguë.

Selon les informations rapportées, Bassirou Diomaye Faye souhaiterait désormais mettre fin à cette situation. Les ministres qui veulent rester au gouvernement devraient assumer publiquement leur soutien à l’action présidentielle et s’inscrire dans la dynamique de Kiiraay.

À l’inverse, ceux qui choisiraient de conserver leur proximité politique avec Ousmane Sonko ne pourraient plus, selon cette logique, continuer à siéger au Conseil des ministres. Au-delà du rapport de force politique, cette situation pose aussi une question de cohérence. Le maintien d’un ministre dans un gouvernement dont il ne partagerait plus les orientations pourrait alimenter les critiques.

Il pourrait être accusé de manquer de loyauté envers le président qui l’a nommé. Dans le même temps, son maintien pourrait aussi être perçu comme une forme de désengagement silencieux vis-à-vis de son allié politique.

Dans cette lecture, la démission apparaîtrait comme une manière de clarifier sa position. Elle permettrait de quitter un gouvernement dont on ne soutient plus pleinement les orientations. Cette pression ne serait toutefois pas nouvelle. Quelques semaines auparavant, Lansana Gagny Sakho, président du conseil d’administration de l’APIX, avait publiquement critiqué l’attitude de certains membres du gouvernement.

Il leur reprochait de conserver leurs fonctions tout en adoptant, selon lui, un comportement proche de celui de l’opposition. Cette déclaration avait alors été perçue comme un premier avertissement. Le lancement de Kiiraay aurait ensuite accentué la pression. Des organes proches de la mouvance présidentielle qualifient désormais certains des quatre ministres d’« agents doubles ».

Ils leur reprochent notamment de ne pas avoir rejoint officiellement le nouveau parti présidentiel. Certains leur demandent également de dissoudre leurs propres formations pour intégrer pleinement le nouveau dispositif politique.

Une reprise en main qui pourrait s’élargir

La clarification demandée aux ministres pourrait ne constituer que la première étape d’un mouvement plus vaste. Selon les informations rapportées par le texte, les directeurs généraux et présidents de conseil d’administration considérés comme proches de l’ancienne architecture Pastef-APTES pourraient également être concernés.

Plusieurs changements à la tête d’agences et de sociétés publiques pourraient ainsi intervenir lors des prochains Conseils des ministres. Cette éventualité s’inscrirait dans une dynamique de reprise en main de l’appareil d’État déjà engagée depuis plusieurs mois. Le prochain tournant pourrait donc concerner bien plus que les quatre ministres aujourd’hui au centre des interrogations.

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