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A Gênes, le pont s’est écroulé et la vie s’est arrêtée

Un morceau de pont planté dans la rivière asséchée côtoie un amas de ruines et des carcasses de voitures ou de camions aspirés dans le vide: la zone en contrebas du pont qui s’est écroulé mardi à Gênes, semble frappée par un tremblement de terre au lendemain du drame.

Des équipes de pompiers – 400 ont pris part aux opérations depuis hier – s’affairent mercredi matin dans les décombres, avec l’aide de chiens et de pelleteuses. Deux grandes grues jaunes et noires sont arrivées dans la nuit pour aider à déblayer et accéder à des cavités où des victimes pourraient être coincées.

« On ne perd pas l’espoir de retrouver des survivants », confiait au petit matin Emanuele Gissi, commandant adjoint des pompiers de la région Piémont, arrivé sur place mardi. « Durant la nuit, trois victimes décédées ont été retrouvées dans les décombres », a-t-il expliqué.

Environ 45 mètres au-dessus, le pont le plus connu de Gênes n’est plus: plus de 200 mètres du viaduc ont cédé mardi en fin de matinée, sans raison apparente.

Deux grues de béton se dessinent désormais face à face : les restes de ce monstre de ciment long de plus d’un kilomètre, dressé dans cette zone périphérique de Gênes au milieu des années 1960.

Un camion vert est resté figé sur la partie gauche du pont, à quelques mètres du précipice. A quelques secondes près, son chauffeur était lui aussi aspiré dans une chute mortelle.

De l’autre côté, le pont prend des allures de plongeoir. Le viaduc est suspendu sur plusieurs dizaines de mètres au-dessus d’imposants immeubles d’habitation roses et jaunes du quartier de Sampierdarena. Leurs habitants ont été évacués mardi, de peur que ce morceau du pont Morandi ne cède lui aussi.

– « Pire qu’un tremblement de terre » –

« J’étais chez moi et tous les immeubles se sont mis à trembler. Pire qu’un énorme tremblement de terre », raconte Pasquale Ranieri, 86 ans, portant des sandales et un débardeur noir.


Comme quelque 400 habitants du quartier, l’octogénaire, qui vit dans un immeuble de cinq étages situé via Enrico Porro, sous le pont Morandi, a dû partir dans la précipitation.

Impossible mercredi matin de retourner chez lui récupérer des affaires, et encore moins de retourner y vivre. « J’ai dormi chez ma famille, mais ça va durer des mois et des mois. Je suis d’accord qu’il peut y avoir des risques mais je veux rentrer chez moi, je ne veux pas qu’ils m’adoptent ».

« Ils ont coupé l’électricité », peste-t-il, inquiet que la nourriture dans son frigo ne pourrisse.

Mais deux policiers montent la garde derrière une rubalise rouge et blanche, sans céder aux implorations de dizaines d’habitants espérant depuis l’aube de pouvoir rentrer chez eux.

« Je n’ai pas dormi, je n’ai pas mangé », lâche une autre riveraine, Grazia Pistorio, 83 ans, corps frêle sous son chemisier léopard. Elle aussi aimerait récupérer quelques habits de rechange. « Et il y aussi des gens qui doivent prendre des médicaments », s’inquiète-t-elle.

Bruna Millaci, 53 ans, a elle eu plus de chance: son appartement est situé juste avant le périmètre de sécurité.

« Hier, j’étais partie faire les courses au centre commercial quand j’ai entendu les gens parler du pont qui s’était effondré », raconte cette traductrice.

« J’ai tout laissé tomber et je suis revenue en courant sous la pluie voir si mes deux chats étaient toujours vivants et l’immeuble debout. J’ai eu très peur », raconte-t-elle.


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