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A Madagascar, la détresse des inondés de Marovoay

A perte de vue, il n’y a plus que de l’eau. La semaine dernière, des pluies diluviennes ont noyé les rizières, les rues et les baraques de Marovoay, dans le nord-ouest de Madagascar, et plongé ses habitants dans le dénuement le plus total.

Dans le quartier de Tsimahajao, Marie Jeanne Sofia, 38 ans, a tout perdu. Sa maison, ses cultures et, plus grave encore, tous ses stocks de nourriture.

« Tout a été emporté par l’eau. Nos zébus et notre réserve de riz ont été emportés par l’eau. Les fauteuils, avec les housses en mousse, notre lit et le matelas aussi », soupire-t-elle, « on n’a réussi à sauver que quelques sacs de riz ».

Depuis vendredi, cette mère de quatre enfants n’a pas d’autre choix que de jeter un filet dans sa rue inondée avec l’espoir d’y attraper quelques poissons. Sans grand succès jusqu’à présent.

« D’habitude quand j’arrive à pêcher beaucoup de poissons, je les vends pour pouvoir acheter du riz et manger. Mais là, je n’en ai que quelques-uns, alors je vais les manger directement. »

Les fortes précipitations qui se sont déversées la semaine dernière sur tout le quart nord-ouest de la Grande Ile ont fait au moins 32 morts, plus de 120.000 sinistrés et 15.000 déplacés, selon le bilan le plus récent des autorités.

L’île pauvre de l’océan Indien est chaque année soumise d’octobre à mars à des périodes de pluies torrentielles et des tempêtes tropicales dont l’intensité, selon les scientifiques, augmente à la faveur du réchauffement de la planète.

Le gouvernement a décrété l’état de sinistre national et mobilisé hélicoptères et embarcations pour venir en aide aux victimes.

– « Nous n’avons plus rien » –


Mais Marovoay, ville de 20.000 habitants, reste encore largement coupée du monde. A la nage ou en pirogue, ses habitants tentent d’arracher à leurs maisons sous l’eau ce qui peut encore l’être.

« Les affaires précieuses qu’on a pu sauver, c’est notre lit, nos marmites et nos sacs de riz, des assiettes et cuillères », commente Falimandimby Sambatra, un gamin de 14 ans, qui a empoigné un meuble de sa maison avec un ami.

« Toute notre nourriture a été emportée par l’eau », ajoute-t-il. « Nous n’avons plus rien. Pas de nourriture, pas de logement ».

Même constat pour Romaine, une jeune femme de 25 ans. Les pluies ont noyé sa maison en briques fraîchement construite et tout le matériel de sa petite affaire de gravage de disques compacts et de photocopies.

« C’est la première fois que ça nous arrive. Toute la maison a été inondée, sauf le toit », constate-t-elle, « nous attendons de l’aide, je vous en supplie, sauvez-nous ».

« Les gens rencontrent des problèmes », constate sobrement le chef du quartier, Razafindrakoto Patrice. « Les cultures sont presque toutes détruites. Les gens n’ont pas de travail », ajoute-t-il, « nous faisons des listes des sinistrés et nous les envoyons à l’Etat » pour obtenir des aides.

« L’Etat est mobilisé pour secourir et soutenir les habitants », a tweeté le président Andry Rajoelina la semaine dernière, promettant « alimentation (…), soins et médicaments ».

Vendredi, il a visité Boeny et Betsiboka, d’autres villes sous les eaux, et il est attendu mardi à Marovoay.


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