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Afrique subsaharienne: le FIDA craint une « génération perdue » de jeunes ruraux

Des millions de jeunes ruraux en Afrique subsaharienne risquent de devenir une « génération perdue » si les bailleurs de fonds et les gouvernements n’investissent pas dans les infrastructures, l’agriculture et l’agroalimentaire, avertit mardi le Fonds international de développement agricole (FIDA).

« Nous sommes très inquiets de créer une génération perdue de jeunes gens » en Afrique subsaharienne, où « le nombre de jeunes ruraux va augmenter de 70% d’ici 2050, à 174 millions contre 105 aujourd’hui », a déclaré à l’AFP le vice-président adjoint du FIDA en charge de la stratégie, Paul Winters, en marge des Journées européennes du développement qui se tiennent chaque année à Bruxelles.

« Dans la plupart des autres régions du monde, le nombre de jeunes ruraux a commencé à décroître », mais en Afrique subsaharienne, les chiffres « continuent de progresser », a-t-il expliqué lors d’un entretien téléphonique.

Le FIDA est une organisation onusienne chargée de soutenir l’agriculture familiale dans les pays en développement.

« Nous espérons que le secteur privé va investir dans les zones rurales et que les gouvernements vont fournir des fonds pour les infrastructures, et la connectivité mobile », a-t-il ajouté.

Le but ? retenir les « millions de jeunes » qui habitent les zones rurales, pour leur éviter de prendre les routes des grandes migrations, d’abord vers les centres urbains, puis à l’étranger.

« Nous savons que ceux qui ne trouvent aucun débouché chez eux, partent. Je parle à des ministres de l’Agriculture, des ministres des Finances » « et ils soulèvent souvent ce problème », a poursuivi M. Winters.


« Nous ne nous attendons pas à ce qu’ils deviennent tous agriculteurs, mais l’agriculture peut être un vrai moteur de l’économie rurale » dans ces pays, estime le responsable, en citant le secteur de la transformation alimentaire, le transport et les marchés alimentaires comme vecteurs « d’opportunités pour les jeunes des zones rurales ou des villes secondaires ».

Pour y parvenir, le Fonds a « changé » sa stratégie de formation « depuis deux ans » en pariant sur un modèle de mentorat et d’incubateurs, où des jeunes désireux de lancer des projets entrepreneuriaux sont accompagnés tout au long de leurs expériences. Que ce soit de la distribution de légume bio via une plateforme internet ou un projet de surveillance d’irrigation par drone.

Citant l’Ouganda, le Fonds finance la construction de petites routes secondaires qui permettent l’acheminement des récoltes de petits villages vers des marchés dans des centres urbains un peu plus importants. « Nous ne construisons pas d’autoroutes », « nous les connectons pour qu’ils aient accès au marché », a noté M. Winters. « Selon la façon dont nous répondons, nous pouvons créer un cercle vicieux (de la pauvreté) ou un cercle vertueux ».

La population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards de personnes en 2050 contre 7,7 milliards aujourd’hui, avec un doublement des habitants de l’Afrique subsaharienne, selon un rapport des Nations Unies publié lundi.

Ce rapport, intitulé « Perspectives de la population dans le monde », indique que la planète pourrait compter près de 11 milliards d’individus en 2100.

Composante majeure de l’évolution de la population dans certains pays, un afflux de migrants devrait être constaté cette décennie au Belarus, en Estonie, Allemagne, Hongrie, Italie, au Japon, en Russie, Serbie et Ukraine, contribuant à compenser les pertes de population causées par un excès de décès par rapport aux naissances, selon le rapport.



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