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Agence nationale du sport: mode d’emploi et questions

Partage du pouvoir, bourses pour les sportifs de haut niveau, budget : comment va fonctionner l’Agence nationale du sport français, lancée mercredi ?

– Une gouvernance partagée, ou presque

Quatre acteurs seront représentés au conseil d’administration de l’agence et au sein de son assemblée générale : l’Etat, le mouvement sportif (comité olympique français et fédérations), les collectivités territoriales et les entreprises, représentées par des organisations patronales comme le Medef, ou sectorielles (Union sport et cycles, Cosmos). En principe, chaque acteur aura 30% des droits de vote, sauf les entreprises (10%). Mais l’Etat, seul financeur, aura 60% des droits de vote sur la politique du haut niveau.

De plus, toute délibération sera soumise à son « avis conforme » lorsque la « question soulevée (sera) susceptible de mettre gravement en jeu (ses) intérêts », peut-on lire dans un projet de statuts. Un droit de veto ? « Il faudra qu’il tombe des hallebardes » pour être face à ce scenario, veut croire le président du comité olympique français (CNOSF) Denis Masseglia, farouche partisan du projet.

L’agence sera présidée par le délégué interministériel aux Jeux Olympiques, Jean Castex. L’ancien DG de la fédération française d’athlétisme, Frédéric Sanaur, sera directeur général.

– Pour quoi faire ?

L’agence décidera des orientations pour renforcer la performance des sportifs de haut niveau mais aussi pour développer les pratiques sportives. La mission pour la « haute performance », plus opérationnelle et confiée à Claude Onesta, intègre des personnels de la direction des sports du ministère ou de la mission d’optimisation de la performance (MOP) de l’Insep. Elle devra accompagner les fédérations, qui ont déjà leur projet de haut niveau, les athlètes et entraîneurs, et mieux coordonner les projets de recherche scientifique.

– Des bourses pour les sportifs de haut niveau

Environ 500 sportifs de haut niveau vont être sélectionnés, en fonction de leur niveau de revenus, pour recevoir une bourse mensuelle (environ 2 à 3.000 euros par mois). « Pour ne pas avoir besoin de travailler à côté, avoir la garantie d’un logement, pour se concentrer uniquement sur (leur) projet sportif », avait expliqué Claude Onesta dans un entretien à l’AFP.


– Avec quel budget ?

Pour 2019, l’Agence est dotée d’un budget de environ 350 millions d’euros, issus du budget du ministère, dont environ 45 millions correspondent à des restes à payer de projets déjà engagés.

90 millions seront consacrés à la haute performance, 196 pour le développement des pratiques sportives (dont 160 aux fédérations, 30 aux collectivités). Le mouvement sportif avait réclamé 400 millions d’euros pour lancer l’agence. « Il faudra qu’il y ait un élan en 2020 », plaide Denis Masseglia. La question budgétaire reviendra sur la table dès la prochaine loi de finances, à l’automne. Selon ses statuts, l’agence pourra aussi tirer des recettes « de partenariats privés ou de programmes commerciaux ».

– Au niveau local

Des conférences des financeurs, déclinaisons territoriales de l’agence, vont être créées. Le but est que les élus et les acteurs du sport se réunissent autour de la même table pour décider des politiques plus cohérentes en fonction des besoins du territoire. La grande inconnue est le financement. Les collectivités territoriales sont le premier financeur du sport (entre 9 et 14 milliards d’euros selon les estimations) mais les élus accepteront-ils de mettre au pot commun pour des politiques sportives plus cohérentes ?

– Que devient le ministère des Sports ?

Dans ce schéma, le ministère des sports, déchargé d’une partie du financement du sport français, va se concentrer sur les missions de contrôle et d’éthique, le financement d’équipements et de la lutte contre le dopage et des établissements de haut niveau (INSEP et Creps). Avec un budget situé autour de 170 millions d’euros.



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