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Angola: l’un des pourfendeurs du régime reçu en tête-à-tête par le président

Le journaliste angolais Rafael Marques, largement considéré comme la bête noire du régime de Luanda, a été reçu mercredi pour la première fois au palais présidentiel pour une conversation sur la corruption avec le chef de l’Etat Joao Lourenço.

Poursuivi et condamné à plusieurs reprises pour avoir dénoncé les turpitudes des dirigeants du pays, M. Marques devait faire partie mardi d’une délégation de représentants de la société civile invitée, encore une première, par M. Lourenço.

Mais au dernier moment, un raté semble-t-il protocolaire lui a interdit l’entrée du bureau présidentiel. Pour couper court aux critiques, Joao Lourenço a donc offert mercredi au célèbre journaliste d’investigation un tête-à-tête de rattrapage.

L’opposant en est ressorti en saluant le « noble geste » de son interlocuteur et son « ouverture ».

« Nous avons évidemment parlé de la corruption », a-t-il confié à la presse à l’issue de quarante-cinq minutes d’entrevue. « Je crois que la contribution de la société à la morale (…) est importante, de sorte que la corruption n’est plus ce cancer qui érode la société et qui dilapide nos ressources ».

M. Lourenço a pris les rênes du pays il y a un an après le règne sans partage de trente-huit ans de Jose Eduardo dos Santos.

Le nouveau président a rapidement pris ses distances vis-à-vis de son ancien mentor et promis de débarrasser le pays de la corruption généralisée reprochée à ses proches. L’un des fils de M. dos Santos est ainsi aujourd’hui emprisonné dans une affaire retentissante de détournement de fonds publics.


« La corruption n’est pas seulement le fait des ministres », a souligné Rafael Marques, « il y a aussi la corruption quotidienne, la petite corruption dans laquelle tout le monde est impliqué ».

Il a aussi affirmé avoir rappelé au président les « souffrances » de la population. « Il est nécessaire que les gens aient à manger pour pouvoir célébrer la démocratie », a insisté M. Marques.

L’Angola traverse une grave crise économique et financière depuis la chute en 2014 des prix du pétrole, dont il est avec le Nigeria le principal producteur d’Afrique subsaharienne.

Malgré cette manne, la population du pays est restée l’une des plus pauvres du continent.

M. Lourenço a promis de remettre le pays sur les rails.


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