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Brexit: quelles options s’offrent à Theresa May et au Royaume-Uni?

Au lendemain d’une folle journée ponctuée par des démissions du gouvernement, une rébellion au parlement contre le projet d’accord de sortie de l’UE présenté par la Première ministre Theresa May et un complot ourdi contre elle dans son propre camp, où va le Brexit?

Voici les principaux scénarios envisageables:

– Lutte pour le pouvoir

Theresa May devra affronter un si au moins 48 députés de son Parti conservateur -15% du groupe tory au parlement- réclament une nouvelle direction.

Plusieurs députés tories affirment que le compte est presque bon.

Une majorité des 315 députés du parti devrait alors voter contre elle pour la renverser. Son porte-parole a affirmé qu’elle se battrait jusqu’au bout.

Si le complot échoue, un tel vote ne pourra être organisé à nouveau avant un an.

Une victoire renforcerait sa position et lui permettrait de faire avancer son projet d’accord de sortie de l’Union européenne à la date prévue du 29 mars 2019.

Si elle est renversée, un nouveau dirigeant sera choisi parmi deux candidats sélectionnés par les députés du parti, ce qui prendrait des semaines, voire des mois.

Cela bousculerait l’agenda du Brexit sans compter qu’un nouveau Premier ministre pourrait vouloir rouvrir les négociations du Brexit avec Bruxelles.

– May triomphe

La Première ministre a déjà surmonté avec une remarquable ténacité plusieurs crises politiques depuis son arrivée au pouvoir après le référendum de juin 2016 ayant décidé le Brexit.

Elle peut survivre à une éventuelle motion de défiance et arriver à décrocher finalement l’accord du parlement.

Les députés doivent commencer à étudier le projet d’accord de divorce début décembre, une fois que les dirigeants européens l’auront approuvé lors d’un sommet spécial le 25 novembre.

Les Conservateurs détiennent 315 sièges sur 650. Theresa May aura donc besoin du soutien des 10 députés du petit parti unioniste irlandais DUP, mais sans doute aussi d’un certain nombre des 257 députés du Parti travailliste pour pallier les défections attendues dans son propre camp.

Le parlement européen devrait ensuite approuver l’accord début 2019 pour un départ en mars, suivi d’une période de transition jusqu’à fin 2020


– Elections anticipées

Si le parlement rejette l’accord, deux scénarios sont possibles:

-soit les députés demandent à Theresa May de renégocier l’accord avec l’UE, une hypothèse que l’on refuse d’envisager côté européen mais qui n’est pas à exclure, selon une source européenne.

– soit l’opposition travailliste dépose une motion de défiance contre le gouvernement et déclenche des élections anticipées.

Il s’agirait des deuxièmes en deux ans puisque Theresa May avait cru judicieux d’en organiser en juin 2017 pour renforcer sa main, perdant ainsi sa majorité absolue.

Ou encore, deux tiers des députés votent pour de nouvelles élections, sans intervention du Labour.

– Pas d’accord

Le parlement rejette le projet d’accord, ou bien un nouveau dirigeant refuse de discuter plus avant avec l’UE. Dans ce cas, le Brexit se fait sans accord de sortie.

C’est le scénario catastrophe pour les milieux économiques et financiers britanniques. La rupture brutale, même si le gouvernement s’y est préparé, provoquant des embouteillages monstrueux aux abords des ports reliant au continent, privera les citoyens européens de leur statut privilégié et clouant potentiellement les avions au sol.

Des négociations de dernière minute pourraient limiter le chaos sur des domaines précis, mais dans l’ensemble, ce sont les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui prévaudraient.

– Un second référendum

L’idée ne cesse de gagner du terrain mais Theresa May l’exclut catégoriquement.

Une telle consultation verrait les Britanniques se prononcer sur le contenu de l’accord obtenu par Theresa May, voire poserait la question d’une annulation du Brexit.

Mais l’arithmétique parlementaire et le temps limité représentent des obstacles de taille. Il faudrait qu’une majorité de députés soient d’accord. Or les conservateurs n’y sont dans l’ensemble pas favorables. Et l’idée ne fait pas non plus l’unanimité chez les travaillistes.

Et il faudrait au moins cinq mois pour organiser une telle consultation, ce qui voudrait dire un report de la date de sortie, à condition que l’UE soit d’accord.



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