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Carles Puigdemont, le grand absent du procès des indépendantistes catalans

Principale figure de la tentative de sécession de la Catalogne de 2017, Carles Puigdemont a été le grand absent du procès des séparatistes catalans qui devrait s’achever mercredi à Madrid.

Les projecteurs braqués sur ses compagnons de route durant les quatre mois d’audiences auraient pu reléguer l’ancien président catalan au second plan.

Mais M. Puigdemont a continué d’occuper le devant de la scène au tribunal – les nombreux témoins évoquant son rôle durant la pire crise qu’ait vécu l’Espagne depuis quarante ans – et à l’extérieur où il est parvenu à se faire élire député européen fin mai.

« A tous ceux qui voulaient nous dénigrer, nous réduire au silence, je leur dis que nous nous défendrons, et bien », a déclaré après les européennes l’indépendantiste de 56 ans à l’épais casque de cheveux bruns, depuis la Belgique où il a fui pour échapper aux poursuites.

Né à Amer, village montagneux de 2.200 habitants à 100 km de Barcelone, où sa famille tient toujours la pâtisserie de son père, Carles Puigdemont, deuxième d’une fratrie de huit, a l’indépendance dans le sang.

« En Catalogne, beaucoup sont devenus indépendantistes par réaction allergique à la politique de Madrid. Mais pas lui, il l’est depuis toujours », explique le poète et chroniqueur Antoni Puigverd, qui a été l’un de ses proches.

Marié avec une journaliste roumaine dont il a eu deux filles, M. Puigdemont était presque inconnu à son arrivée à la tête du gouvernement régional catalan en 2016 avec pour seule expérience politique celle de maire du bastion indépendantiste de Gérone, une ville de 100.000 habitants.

A peine un an et demi plus tard, il devenait aux yeux du monde entier l’image des indépendantistes catalans lors de la tentative de sécession d’octobre 2017.

Durant le procès, les nombreux témoins l’ont présenté comme le principal décideur. Il a notamment choisi, selon plusieurs membres des forces de l’ordre, de maintenir le référendum interdit du 1er octobre malgré leurs mises en garde sur de possibles violences.


– Fuite en Belgique –

En quittant la Catalogne pour la Belgique, cet ancien journaliste au caractère imprévisible a laissé derrière lui nombre de ses anciens « ministres », en détention provisoire et jugés par la Cour suprême, dont son ancien numéro deux Oriol Junqueras qui est devenu le principal accusé en son absence.

Cela lui a valu d’être souvent comparé défavorablement à M. Junqueras, en particulier par ses détracteurs qui le traitent de « fugitif » ou de « lâche ».

« L’un dort en prison, l’autre dans un hôtel particulier de Waterloo », attaquait récemment l’eurodéputé conservateur espagnol, Esteban Gonzalez Pons. Carles Puigdemont suit le procès depuis une villa, rebaptisée « maison de la République », à Waterloo, ville au sud de Bruxelles qui fut le théâtre de la défaite de Napoléon en 1815.

Mais ni les critiques ni les mois d’attention médiatique prêtée à ses anciens compagnons n’ont délogé M. Puigdemont de l’échiquier indépendantiste.

Si son parti Ensemble pour la Catalogne a cédé du terrain lors des récentes législatives et municipales en Espagne face à Gauche républicaine de Catalogne de M. Junqueras, il est arrivé en tête des européennes en Catalogne. Avec Carles Puigdemont en tête de liste.

Pour valider son élection, l’indépendantiste doit revenir prêter serment en Espagne, où il serait immédiatement arrêté. Un obstacle de taille contre lequel il promet de mener bataille pour pouvoir obtenir son mandat et poursuivre depuis le parlement européen son combat contre Madrid.



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