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Ebola en RDC: deux premiers cas confirmés dans le Sud-Kivu

L’annonce des deux premières contaminations au virus Ebola dans le Sud-Kivu, la troisième province touchée par l’épidémie qui a déjà fait 1.900 morts en République démocratique du Congo, faisait craindre vendredi une propagation à grande échelle.

« Deux cas testés positifs d’Ebola viennent d’être confirmés dans la nuit du 15 août au Sud-Kivu, dans le territoire de Mwenga », indique un communiqué du gouvernorat du Sud-Kivu parvenu à l’AFP.

L’une des « victimes âgée de 26 ans est décédée et l’un (de ses) enfants testé positif est encore en vie et pris en charge » par les équipes médicales, selon le communiqué.

« Depuis hier, les équipes de la coordination nationale sont venues à l’appui pour contribuer efficacement à la lutte contre cette maladie », a déclaré à la presse le gouverneur du Sud-Kivu Théo Ngwabidje.

La province du Sud-Kivu est frontalière avec le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et voisine des provinces congolaises du Maniema, Tanganyika et Nord-Kivu.

Les réactions ne se sont pas faites attendre.

« Triste de confirmer que deux personnes ayant voyagé de Beni (Nord-Kivu) à Mwenga dans le Sud-Kivu en RDC sont infectées par Ebola. Cela a déclenché une réaction rapide du ministère de la Santé de RDC, de l’OMS et des partenaires pour fournir un traitement, identifier tous les contacts, sensibiliser la communauté et commencer à vacciner », a écrit dans un tweet Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS).

« Nous sommes tristes d’apprendre que deux cas d’Ebola ont été confirmés dans la région du Sud-Kivu. Nous allons y déployer rapidement une équipe d’experts pour appuyer la riposte », a affiché le CICR sur son compte twitter.

Déclarée le 1er août 2018, l’épidémie de fièvre hémorragique, qui se transmet par contacts humains directs et étroits et dont le taux de létalité est très élevé, a longtemps été cantonnée aux régions rurales du Nord-Kivu (Beni et Butembo-Katwa) et en Ituri voisine. Deux cas ont néanmoins été enregistrés dans l’Ouganda voisin.

La maladie a fait 1.905 morts et 844 personnes ont été déclarées guéries, selon les derniers chiffres publiés par les autorités.


-‘Nous allons mourir tous’-

A Bukavu, l’inquiétude était au rendez-vous parmi les habitants.  » En cette période où l’eau coule rarement dans nos robinets, comment allons nous éviter cette maladie qui exige un lavage régulier des mains », se demandait Martine Mushagalusa, mère de 5 enfants.

« Avec la promiscuité dans laquelle nous vivons, la circulation n’est pas contrôlée, les gens quittent un lieu pour un autre sans mesure de précaution, les autorités doivent s’impliquer sinon, nous allons mourir tous », a estimé Anselme Kangeta, un homme de 35 ans.

« Beni, Butembo, Goma c’était encore contenable. Mais avec la maladie au Sud-Kivu, le risque de propagation vers Kalemie (province du Tanganyika), la Tanzanie et le Burundi sont énormes », s’est inquiété un épidémiologiste congolais et professeur des universités.

Jeudi, le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonnateur de la riposte contre Ebola, s’était montré optimiste en raison de la découverte des molécules (mAb114 et REGN-EB3) qui traitent Ebola.

Grâce aux nouvelles méthodes qui sont en application, avec ces deux traitements ainsi que le vaccin utilisé jusqu’à présent, « on peut arriver à contrôler complètement l’épidémie dans 3 à 4 mois », estimait cet expert congolais, pionnier de la lutte contre Ebola.

Les autorités sanitaires américaines, qui ont co-financé une étude sur le traitement d’Ebola ont indiqué lundi que ces deux médicaments ont augmenté significativement le taux de survie de patients dans le cadre d’un essai clinique en RDC, qui a doublé.

D’après les experts, parmi les quelque 500 personnes dont les données ont été analysées (sur un total de 681 participants), la mortalité est tombée à 29% avec le REGN-EB3 et à 34% avec le mAb114. Tandis que pour les personnes ne prenant aucun traitement, le taux de mortalité est compris entre 60 et 67%.

L’actuelle épidémie dans l’est de la RDC (la 10è sur son sol depuis 1976) est la deuxième plus importante dans l’histoire de la maladie après celle qui a tué près de 11.000 personnes en Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.


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