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Ebola en RDC: peur sur la ville et branle-bas de combat à Goma

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti lundi que le cas confirmé d’Ebola découvert à Goma, la grande ville de l’est de la RDCongo touchée par la maladie, constituait « un avertissement » sur les dangers de cette épidémie.

« Goma est un avertissement, » a déclaré à la presse à Genève le responsable des situations d’urgence de l’OMS, Mike Ryan. Les équipes chargées de répondre à l’épidémie ont identifié 60 contacts du pasteur évangélique qui est tombé malade et ont « vacciné 30 d’entre eux ».

En RDC, les autorités multiplient les préventions et les appels au calme depuis la découverte du premier cas de fièvre hémorragique Ebola dimanche à Goma.

Première mesure: le patient, un homme présenté comme un pasteur d’une Eglise chrétienne, a été évacué lundi matin vers Butembo d’où il était arrivé la veille au chef-lieu de la province du Nord-Kivu avec environ un million d’habitants.

Explication: le centre de traitement d’Ebola (CTE) de Butembo, épicentre de l’épidémie, est mieux préparé que celui de Goma qui n’a encore traité aucun cas jusqu’à présent, a expliqué le gouverneur, Carly Nzanzu Kasivita.

« Le cas a été non seulement détecté précocement, mais aussi isolé immédiatement évitant toute contamination additionnelle », assure le gouverneur.

Le gouverneur tout comme le ministère de la Santé appellent les habitants de Goma à garder leur « calme » face à l’épidémie qui frappe à leur porte.

Cette épidémie, qui a fait 1.665 morts, était jusqu’à présent cantonnée dans le nord de la province, dans les zones de Beni-Butembo, depuis qu’elle a été officiellement déclarée le 1er août dernier près de Beni.

L’itinéraire du patient a de quoi nourrir les inquiétudes plus ou moins rationnelles qui entourent chaque maladie contagieuse et mortelle.

Originaire du Sud-Kivu, le pasteur était arrivé début juillet à Butembo, où il a présenté les premiers symptômes dès le mardi 9 juillet.

« Durant son séjour à Butembo, le pasteur a prêché dans sept églises », où il touchait de ses mains régulièrement les fidèles « y compris les malades », précise le ministère de la Santé.

Le pasteur, qui serait membre d’une Eglise évangélique dite du « réveil », a ensuite pris le vendredi 12 la route pour Goma à bord d’un bus avec 18 autres passagers et le chauffeur.

« Le bus est passé par trois points de contrôle sanitaire. Lors des contrôles, il ne semblait pas présenter des signes de la maladie. Par ailleurs, à chaque point de contrôle, il a écrit des noms et prénoms différents sur les listes de voyageurs indiquant probablement sa volonté de cacher son identité et son état de santé », rapporte le ministère de la Santé.

– Réunion à Genève –


« Dès son arrivée à Goma ce dimanche matin, il s’est rendu dans un centre de santé car il ne se sentait pas bien et avait commencé à faire de la fièvre. Aucun autre patient ne se trouvait dans le centre de santé, réduisant le risque d’infections nosocomiales d’autres personnes », affirme-t-on.

Selon une autre source, anonyme, l’homme a utilisé un taxi-moto pour se rendre au préalable chez un de ses amis.

L’inquiétude est palpable à Goma, ville partagée entre ses villas avec vues magnifiques sur le lac Kivu, siège des Nations unies et des ONG, et ses quartiers densément peuplés avec une activité commerciale importante.

« Goma est très peuplée, je crains que la propagation ne soit rapide. Que les autorités fassent tout pour retrouver toutes ces personnes car Goma est un grand carrefour vers plusieurs destinations », s’inquiète un moto-taxi, Jean-Pierre, 30 ans.

La ville se trouve en effet à la frontière du Rwanda, avec un port d’où les bateaux partent pour Bukavu et le Sud-Kivu, et un aéroport avec des vols civils ou onusiens à destination de Kinshasa, Entebbe et Addis Abeba.

« Nous avons travaillé intensément pour que n’importe quel cas à Goma soit identifié et pour y apporter une réponse immédiate », a commenté le directeur général de l’OMS, Tedros Adahom Ghebreseyus.

« Ce cas confirmé d’Ebola à Goma montre que la situation demeure inquiétante et que l’épidémie n’est toujours pas sous contrôle », a commenté Médecins Sans frontière (MSF) qui a cessé ses interventions à Beni-Butembo en raison de l’insécurité.

L’insécurité a d’ailleurs encore frappé à Beni où deux notables locaux, enrôlés dans des actions de prévention, ont été assassinés dans la nuit de samedi à dimanche.

L’intervention des responsables communautaires est destinée à lever les résistances des populations contre la vaccination, l’hospitalisation et des modes d’enterrement qui évitent les contacts avec les fluides contagieux des défunts.

« Selon plusieurs sources, les assaillants seraient des personnes du même quartier que les deux victimes, qui enviaient leurs voisins car ils avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola », a indiqué le ministère de la Santé.

Un épidémiologiste de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait été tué le 20 avril à Butembo, où deux centres de traitement d’Ebola (CTE) avaient été attaqués fin février-début mars.

Cette épidémie est la deuxième épidémie Ebola la plus importante de l’histoire après celle qui a tué près de 11.000 personnes en Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.



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