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Elizabeth Warren lance la course démocrate à la présidentielle américaine

La sénatrice Elizabeth Warren, féroce critique de Donald Trump et pourfendeuse de Wall Street, a fait lundi un grand pas en direction d’une candidature à la présidentielle américaine de 2020, donnant le coup d’envoi aux nombreuses annonces attendues de poids lourds démocrates.

Une classe moyenne « attaquée » et « affaiblie » par « les milliardaires et les grandes entreprises » qui ont « enrôlé des hommes politiques pour obtenir une plus grosse part » du gâteau: c’est avec un message résolument à gauche, proche de celui de Bernie Sanders, que l’ancienne professeure de droit à Harvard âgée de 69 ans a annoncé sur Twitter le lancement d’un « comité de soutien », en vue d’une possible candidature.

Ces comités permettent aux Etats-Unis aux prétendants à la présidentielle de rassembler des fonds et de prendre plus précisément la mesure de leurs chances. De fait, ils marquent un pas décisif.

Dans une vidéo personnelle, montrant des images d’archives familiales, Elizabeth Warren attaque durement le président républicain Donald Trump, sans toutefois en faire le coeur de son message qu’elle veut optimiste.

Plaidant pour le contrôle des banques et de Wall Street, un système de santé universel, un salaire minimum plus élevé et la défense du climat, elle souligne surtout que le rêve américain, qui a permis à des millions de familles modestes comme la sienne d’avancer, est désormais grippé

« Une voie rendue encore plus difficile par l’impact de la discrimination sur des générations » d’Américains issues de minorités, insiste-t-elle.

Elle parle de sa mère qui avait sauvé de justesse la famille de la faillite lorsque son « papa » avait subi une crise cardiaque. Et pourtant, ils ont élevé « une fille qui a pu devenir enseignante dans le secteur public puis avocate et sénatrice ».

« Certains feront et diront tout ce qu’ils peuvent pour s’accrocher au pouvoir, en épinglant tous ceux qui ne leur ressemblent pas, pensent, prient et aiment de façon différente », poursuit la démocrate sur des images de Donald Trump, qui contrastent avec celles la montrant avec des électeurs de toutes origines et participant à une Marche des Fiertés.

Sénatrice du Massachusetts – Etat résolument démocrate – depuis 2013, Elizabeth Warren siège notamment à la puissante commission en charge des affaires bancaires, où elle lutte contre la dérégulation en brandissant l’épouvantail de la crise de 2008.

– « Pocahontas » –


Cheveux clairs, yeux bleus, démarche dynamique, la sénatrice s’est régulièrement engagée dans des joutes sur Twitter avec le président, qui l’a affublée du surnom « Pocahontas » pour moquer les lointaines origines amérindiennes qu’elle revendique. Une attaque raciste selon elle.

Pour le faire taire, Elizabeth Warren a dévoilé en octobre une étude génétique montrant l’existence d’ancêtres amérindiens. Une initiative menée plutôt maladroitement et qui aurait embarrassé jusque dans ses rangs.

Apparaissant parfois un peu raide, son profil rappelle trop celui de la candidate démocrate perdante en 2016, Hillary Clinton, avancent ses critiques démocrates. Faux, affirment ses soutiens, attendez de la voir plus naturelle, à l’oeuvre auprès des électeurs.

Avec son annonce au coeur de la période des fêtes, Elizabeth Warren donne le coup de départ non-officiel à la course démocrate dans un Washington assoupi.

Plusieurs de ses (nombreux) opposants potentiels ont dit qu’ils prendraient le temps des vacances pour réfléchir et se décider.

Joe Biden, ex-vice-président de Barack Obama, arrive en tête des premiers sondages, suivi de Bernie Sanders, sénateur et candidat progressistes malheureux en 2016 face à Hillary Clinton. Au troisième rang, Beto O’Rourke suscite un grand intérêt malgré son échec à la sénatoriale contre Ted Cruz en novembre. Elizabeth Warren arrive plusieurs rangs derrière.

Fort de sa confortable réélection dans des terres pro-Trump, le sénateur de l’Ohio Sherrod Brown envisage aussi de se lancer. Toujours au Sénat, tremplin de choix vers la présidentielle, les progressistes Kamala Harris et Cory Booker, seuls démocrates noirs à la chambre haute, sont également pressentis, tout comme le multimilliardaire et ex-maire de New York, Michael Bloomberg.

Plusieurs démocrates sont déjà officiellement candidats mais figurent au bas des pronostics: l’ex-maire de San Antonio et l’un des rares Hispaniques de cette liste, Julian Castro, ainsi que John Delaney, élu à la Chambre des représentants et Richard Ojeda, élu en Virginie occidentale.

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