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En Egypte, un sommet UE-Ligue arabe pour une coopération renforcée

Les dirigeants de l’Union européenne et de la Ligue arabe ont commencé dimanche à se réunir à Charm el-Cheikh (est de l’Egypte), où le dossier du Brexit a fait irruption avec l’annonce par Theresa May d’un vote des députés britanniques « d’ici au 12 mars ».

Les dirigeants de près d’une quarantaine de pays des deux côtés de la Méditerranée ont été accueillis dimanche par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dans la station balnéaire, au bord de la mer Rouge, placée sous haute sécurité.

« Sujets régionaux, sécurité et développement sont les trois principaux sujets qui intéressent les Européens », a expliqué à l’AFP une source diplomatique occidentale tandis que l’ouverture de la première session plénière était prévue dimanche vers 17H00 (15H00 GMT).

Le dossier du Brexit était en toile de fond, avec des déclarations de la Première ministre britannique Theresa May sur l’accord qu’elle tente de renégocier avec Bruxelles.

Le Parlement ne se prononcera pas au cours de la semaine à venir sur cet accord « mais nous ferons en sorte que cela se passe d’ici au 12 mars », a déclaré Mme May à des journalistes dans l’avion l’emmenant au sommet.

L’aspect commercial des relations entre l’Union européenne (UE) et la Ligue arabe devrait également être abordé entre les différents leaders, étant donné notamment le volume des échanges entre les deux côtés de la Méditerranée.

Dans un tweet, le porte-parole de l’Union européenne (UE), Preben Aamann, a assuré que l’UE « est de loin le plus important partenaire des pays de la Ligue arabe. La même chose que la Chine, les Etats-Unis et la Russie combinés. »

Selon une source de l’UE, le premier sommet entre les deux entités est d’autant plus important que les Etats-Unis se désengagent de la région, au contraire de la Russie et la Chine, ce qui n’est « pas nécessairement dans notre intérêt ».

« Nous ne voulons pas voir ce vide (laissé par les Etats-Unis, ndlr) absorbé par la Russie et la Chine », a ajouté une autre source avant de préciser que les Européens voient le sommet comme une chance de préserver leurs intérêts diplomatiques économiques et de sécurité.

L’accent sera mis plus particulièrement lundi, au deuxième jour du sommet, sur les dossiers régionaux dont le Yémen, la Libye, la Syrie ou le processus de paix israélo-palestinien.

– « nouveau départ » –


Le président Sissi a accueilli dès samedi ses premiers hôtes dans la station balnéaire sur la mer Rouge, parmi eux le roi Salmane d’Arabie saoudite, le président roumain Klaus Iohannis dont le pays assume la présidence tournante de l’UE, ou encore le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas.

Le président du Conseil européen Donald Tusk, co-hôte du sommet, et le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, étaient également sur place dimanche.

Parmi les rares absents côté européen figurent, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, les dirigeants lituaniens et lettons ainsi que le président français Emmanuel Macron.

La France doit être représentée par son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et l’Allemagne par sa chancelière Angela Merkel.

Une attention particulière sera portée à Theresa May, en pleine consultations avec ses partenaires européens pour tenter d’éviter une sortie du Royaume-Uni de l’UE sans accord le 29 mars.

Si côté UE, une source a prévenu qu’il n’y aurait « pas d’accord dans le désert », Mme May devrait avoir l’occasion de s’entretenir avec Donald Tusk lors de ce sommet, avec l’espoir d’obtenir d’éventuelles nouvelles avancées.

A Londres, le ministre britannique de l’Environnement, Michael Gove, a d’ailleurs estimé que Mme May avait progressé dans sa tentative de modifier les termes du Brexit.

Mais à Charm el-Cheikh, les Européens, et leurs homologues des Etats arabes, ont dit vouloir avant tout se concentrer sur la coopération arabo-européenne. Selon le secrétaire général adjoint chargé des affaires internationales, Khaled al-Habbas, la Ligue arabe attend du sommet de Charm el-Cheikh un « nouveau départ ».

« Il s’agit aussi d’une bonne opération pour l’Egypte qui montre en organisant ce sommet qu’elle revient sur le devant de la scène diplomatique », a affirmé une source diplomatique occidentale.

L’Egypte a connu après la révolte de 2011, qui a provoqué la chute du régime d’Hosni Moubarak, une longue période d’instabilité politique et économique à laquelle elle tente de mettre fin.

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