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En pleine campagne, Netanyahu vient chercher un coup de pouce aux Etats-Unis

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en pleine campagne électorale dans son pays, est arrivé dimanche aux Etats-Unis, où le président Donald Trump s’affichera volontiers aux côtés de son grand allié dans les prochains jours.

Selon le chef de la diplomatie israélienne, M. Trump doit notamment signer lundi la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur la partie du plateau du Golan syrien dont l’Etat hébreu s’est emparé en 1967 et a depuis annexée.

« Le président Trump signera demain en présence du Premier ministre Netanyahu un ordre reconnaissant la souveraineté israélienne sur le Golan », a tweeté dimanche le ministre des Affaires étrangères israélien Israël Katz.

Donald Trump avait déclaré jeudi sur Twitter qu’il était temps pour les Etats-Unis « de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le Golan, qui a une importance stratégique pour l’Etat d’Israël et la stabilité régionale », rompant ainsi avec le consensus international et des décennies de diplomatie américaine au Moyen-Orient.

Peu avant cette annonce, la liste de M. Netanyahu régressait dans les sondages par rapport à celle de son principal concurrent, le général Benny Gantz. Pour certains observateurs, le geste de M. Trump, largement considéré comme un cadeau de plus à son grand allié, a vocation à redonner un coup de fouet à la campagne électorale du Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie.

Le milliardaire américain était déjà bien présent dans la campagne en vue des élections législatives israéliennes du 9 avril: les partisans de M. Netanyahu ont affiché aux entrées de Jérusalem et Tel-Aviv des panneaux publicitaires géants des deux hommes se serrant la main.

Et M. Netanyahu ne s’est pas privé de reprendre dans ses vidéos de campagne les propos de M. Trump le décrivant comme « dur, intelligent (et) fort », le jour même où le procureur général annonçait son intention d’inculper le Premier ministre pour corruption, abus de confiance et fraude dans trois affaires.

– D’autres cadeaux? –

Benjamin Netanyahu, qui assure être le seul capable de tels succès diplomatiques, s’est empressé, après l’annonce américaine sur le Golan, de saluer un moment « historique », publiant la photo de son entretien téléphonique avec M. Trump.

De son côté, le président américain a affirmé que son initiative n’avait rien à voir avec les élections israéliennes et un éventuel soutien à M. Netanyahu.

C’est aussi ce qu’a martelé le secrétaire d’Etat Mike Pompeo à propos de sa visite à Jérusalem mercredi et jeudi, au cours de laquelle il est devenu le premier responsable américain d’un tel niveau à se rendre en compagnie d’un Premier ministre israélien au Mur des Lamentations, à Jérusalem, le site de prière le plus sacré pour les juifs.


Les officiels américains se gardaient bien jusqu’alors d’un tel geste afin de ne pas paraître prendre partie dans les épineuses questions de souveraineté à Jérusalem.

Certains analystes se demandent désormais si M. Netanyahu peut s’attendre à d’autres cadeaux américains lors de sa visite.

Honneur rare fait à un Premier ministre, M. Trump le recevra à deux reprises à la Maison Blanche: lundi pour une « réunion de travail », et mardi pour un dîner. La réunion de travail aura lieu le même jour que l’intervention prévue de M. Gantz lors d’une conférence du lobby américain pro-Israël Aipac.

– Retour annoncé de Jésus –

Depuis son intronisation en janvier 2017, M. Trump a multiplié les gages en faveur d’Israël, culminants à ce jour avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017, et le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv dans la ville sainte en mai 2018.

Son souci de flatter les évangélistes chrétiens –qui estiment que la décision de M. Trump est un pas vers le retour annoncé de Jésus, selon leur interprétation des textes religieux– passe pour une motivation primordiale, cette population constituant une part importante de son électorat.

M. Netanyahu a aussi déployé tous ses talents pour charmer celui qu’il appelle son « ami ».

« Trump est très sensible aux relations personnelles et +Bibi+ l’a beaucoup cajolé », dit Jonathan Rynhold, professeur de sciences politiques, employant le surnom de M. Netanyahu.

Michael Oren, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, aujourd’hui ministre adjoint chargé de la diplomatie, note que MM. Netanyahu et Trump « partagent le même dédain du politiquement correct ».

A Washington M. Netanyahu pourrait revendiquer une autre victoire diplomatique: la Première ministre roumaine Viorica Dancila a promis dimanche que son pays allait déménager son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, un transfert qui serait en rupture avec la position européenne et auquel s’oppose toutefois le président roumain.

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