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Espoir de paix en zone anglophone et troubles sociaux font les choux gras des journaux camerounais

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Les journaux camerounais parus vendredi analysent les premiers pas du chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, en zone anglophone sous conflit sécessionniste, au moment où la surchauffe se fait également sentir sur le front social.Il y a de l’espoir dans l’air sur le front de la crise anglophone, note le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune en grande manchette avec le début, la veille, d’une visite de travail du Premier ministre (PM) dans le chaudron du Nord-Ouest, annonçant d’entrée de jeu que le chef de l’État, Paul Biya, est en train de prendre des mesures pour qu’un dialogue sur la crise anglophone ait lieu.

Le gouvernement relance donc les initiatives de paix, affirme le journal bilingue : pendant 4 jours, le non moins natif de la région du Sud-Ouest rencontrera des leaders politiques, traditionnels, religieux et de la société civile, des opérateurs économiques, syndicalistes ainsi que des parlementaires, avec comme objectif le retour définitif à la stabilité dans une zone déchirée, depuis octobre 2016, par un féroce conflit sécessionniste.

«Excepté le caractère un et indivisible du triangle national, qui est non négociable, tout autre sujet peut, d’après le PM, être abordé», explique Mutations, précisant que la palabre que veut instituer le chef du gouvernement ne concerne pas que les institutions ou l’élite, mais qu’il compte échanger avec toutes les couches de la population.

Autre fait majeur, que signale Cameroon Tribune : le partenariat à sceller avec les communicateurs pour qu’ils jouent pleinement leur partition en vue d’une désescalade que la communauté nationale et internationale appelle de tous ses vœux.

Pendant ce temps, L’œil du Sahel signale un phénomène préoccupant dans le département francophone de Mayo-Banyo (Adamaoua), qui depuis quelques jours vit un afflux incessant de réfugiés en provenance du Nord-Ouest voisin.

Aujourd’hui, note le bihebdomadaire régional, la grosse crainte des populations locales est que leur région soit à son tour secouée par des attaques de sécessionnistes anglophones, les autorités locales ayant par ailleurs déjà commencé à se pencher sur cette épineuse question.

Les Camerounais doivent-ils seulement pardonner à Paul Biya ? se demande pour sa part Émergence, constatant «le désastre sociopolitique» dans lequel la posture du chef de l’État a plongé le pays, et particulièrement au sujet de la crise anglophone pour laquelle il s’est à ce jour contenté d’envoyer des émissaires sur le terrain, plutôt que de s’impliquer personnellement dans le dossier.

Interrogé sur le sujet par Le Jour l’ambassadeur et chef de délégation de l’Union européenne (UE) au Cameroun, Hans Peter Schadek, ne manque pas de redire la préoccupation de l’institution qu’il représente par rapport à la situation humanitaire qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi des nombreux défis à relever.


«L’UE est fermement attachée au respect de l’intégrité territoriale du Cameroun, de même qu’elle est foncièrement attachée aux valeurs des droits de l’homme et des principes démocratiques», déclare le diplomate.

À propos des droits de l’homme, la même publication, mais aussi Mutations, rapportent un incident, survenu la veille à la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) lorsque son président, Chemuta Divine Banda, prononçant un discours au cours d’une cérémonie, a été vivement interrompu par son second, James Mouangue Kobila, qui n’acceptait pas que le premier cité conditionne le retour au calme dans les régions anglophones à l’établissement d’un cessez-le-feu.

Le perturbateur, explique Mutations, n’a pas apprécié que son supérieur prononce en public un discours qui ne saurait engager la responsabilité du Comité et a imposé une motion d’ordre, amenant le comité d’organisation de la 25èmesession ordinaire du Cndhl à expulser les journalistes de la salle.

Un autre incident, ayant failli dégénérer en émeute et que rapporte Le Jour, a eu lieu jeudi dans la capitale, Yaoundé, lorsque des centaines de moto-taximen, voulant venger le meurtre annoncé d’un collègue par la police municipale, ont envahi la voirie municipale pour décrier les maltraitances dont ils se disent l’objet de la part des agents de la Communauté urbaine.

La police municipale crée encore un désastre à Yaoundé, renchérit Émergence alors que Mutations évoque son «retour foireux» et un «retour en gaffes» dans la cité, après une suspension de quelques mois toujours en rapport avec des exactions sur des «débrouillards».

Pour un retour à la normale, les conducteurs de motos-taxis, relaie Mutations, exigent la rétrocession de près de 200 de leurs engins confisqués en fourrière, l’annulation d’une note préfectorale leur interdisant de circuler à certains endroit de la ville et, surtout, la dissolution de la police municipale.

On semble, soupire Cameroon Tribune, sombrer dans un dialogue de sourds, les motos-taxis s’entêtant à ne pas respecter les zones d’exercice fixées par l’autorité préfectorale, beaucoup prétendant n’avoir jamais été informés d’une telle mesure.

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