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Faits de société, gouvernance et CAN dames en couverture des journaux camerounais

Les faits de société s’inscrivent en bonne place dans les journaux camerounais parus mercredi, avec tout à côté une actualité tout aussi sulfureuse en ligne droite de la gouvernance, juste au lendemain de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football dames perdue en terre ghanéenne contre le Nigeria.Cela a commencé, le 26 novembre dans les universités publiques, avec des revendications de paiement des primes de recherche et les ajustements de changement de grade pour les enseignants avant de s’enliser, ainsi que le constate Le Jour, par une tension persistante.

C’est dire si le malaise est profond, constate le quotidien à capitaux privés, voyant se dessiner un mouvement d’humeur de plus en plus vicieux et qui pourrait déboucher, si le gouvernement continuait dans sa posture passive, sur une année académique blanche et sèche.

Il s’agit d’une grève à double vitesse, prolonge Mutations, voyant un mouvement d’humeur auquel adhèrent majoritairement les membres du Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNES) qui dénoncent leurs conditions de vie et de travail, et en face une faction proche du pouvoir qui s’emploie à casser la dynamique.

Ça ne va guère mieux dans l’enseignement secondaire, ajoute le même journal, constatant la paralysie dans les lycées et collèges : en cause, l’argent collecté auprès des parents au titre des frais exigibles et frais d’examen à travers les réseaux de paiement mobile agréés, qui à ce jour n’a pas été rétrocédé aux établissements concernés, aujourd’hui incapables de faire face aux frais de fonctionnement.

Versés au Trésor, ces fonds, aujourd’hui estimés à des centaines de millions de FCFA, semblent, s’émeut la publication, noyés dans la logique de l’unicité des caisses de l’État qui entraîne des retards considérables pour leur rétrocession.

Et comme si cela ne suffisait pas, voici que le phénomène des psychotropes s’invite tragiquement dans un collège de la banlieue de Yaoundé, la capitale du pays où, selon InfoMatin, un élève a poignardé son camarade à mort la veille.

Le présumé assassin, agissant sous l’effet de la drogue, selon des témoignages glanés sur place, avait dissimulé l’arme du crime sous son uniforme, relate la publication, déplorant au passage que l’établissement, qui fonctionne dans la clandestinité, n’ait pas respecté l’exigence de détecteurs de métaux en vigueur depuis 3 ans, encore moins les fouilles systématiques recommandées qui accompagnent la sensibilisation, dans le cadre de la lutte contre le fléau en milieu scolaire.

Sur le même front de la lutte contre l’insécurité en général, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune signale les bons points marqués par la police qui vient de démanteler un gang de braqueurs à main armée dans la capitale, le même qui est impliqué dans l’assassinat, voici une semaine de l’artiste-musicien Avenir Ava et qui auparavant avait déjà sévit chez certaines personnalités de la place.

Sous le titre «Carte nationale d’identité (CNI) : Mbarga Nguelé dans l’étau des réseaux mafieux», le bihebdomadaire Repères est loin de partager cet enthousiasme en faveur des forces de maintien de l’ordre: le délégué général à la Sûreté nationale, qui a bataillé dur pour résilier le contrat de Thalès, est coupable de manquements graves dans la sécurisation de la nationalité camerounaise, plus que jamais encerclé par ceux de ses collaborateurs qui couvent son successeur Gemalto, les mêmes qui, hier, soutenaient l’opérateur français contre fortes rétro commissions.


«Gemalto peut même faire chanter l’État aujourd’hui, puisque l’opérateur est seul à détenir la technologie de gravure de la nouvelle CNI. De plus il a protégé son application, si bien qu’en cas de rupture du contrat le Cameroun devra reprendre tout le processus depuis le début.»

Une autre affaire de gros sous s’affiche en grande ouverture d’Émergence, qui révèle un trou de 15 milliards FCFA détournés à la Cameroon Postal Services (Campost), une entreprise d’État devenue un «haut lieu de pillage» et qui vient d’être secouée par un mouvement de grève du personnel, qui réclame plusieurs mois d’arriérés de salaire.

Décidément en proie au malaise, les publications du pays, à l’instar d’InfoMatin, versent des larmes sur le sort réservé la veille aux «Lionnes indomptables», éliminées en demi-finales par le Nigeria à l’épreuve des tirs aux buts (2-4).

«Encore le Nigeria !» s’exclame Cameroon Tribune : cette fois aussi, les Camerounaises, bien que revanchardes et offensives, n’ont pas pu briser le signe indien face à leur éternel bourreau.

«Le Cameroun tombe à nouveau face au Nigeria», confirme Le Jour : le miracle ne s’est pas produit à l’issue d’un temps règlementaire pourtant favorable aux pouliches de Joseph Ndoko.

La rencontre a tenu toutes ses promesses, analyse Mutations : le Cameroun, qui n’avait concédé aucune défaite depuis le début de la compétition, est de nouveau tombé sur sa bête noire qui l’a déjà battu 9 fois pour une victoire et un nul.

«La défaite d’hier n’a pas seulement eu pour conséquence la non-qualification pour la finale de cette CAN féminine, mais les ‘’Lionnes » ont aussi grillé un joker pour la qualification à la Coupe du monde de 2019 en France.»

Le Cameroun, tempère InfoMatin, peut encore espérer une place à ce Mondial s’il remporte la «petite finale» face au Mali, vaincu par l’Afrique du Sud (0-2).



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