L’Assemblée nationale a constitué une commission pour statuer sur la levée de l’immunité parlementaire de Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, impliqué dans de nouvelles accusations liées à des téléphones portables détenus en prison et à un blanchiment de capitaux.
L’Assemblée nationale sénégalaise a validé, lundi 9 février 2026, la liste des dix membres de la commission ad hoc chargée d’examiner la levée de l’immunité parlementaire du député de l’opposition Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, désormais visé par de nouvelles poursuites judiciaires.
Une commission mixte pour statuer sur l’immunité de Farba Ngom
La commission comprend les députés Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao, Ansoumana Sarr (Pastef, majorité), Djimo Souaré (Takku Wallu, opposition) et Moussa Hamady Sarr (non-inscrit). Après la ratification, les membres doivent se réunir pour élire leur bureau et examiner, dès lundi prochain, le projet de résolution relatif à la levée de l’immunité de Farba Ngom.
Nouvelles accusations contre le député
Détenu depuis février 2025 dans le cadre d’une affaire présumée de blanchiment de capitaux, le député est désormais visé par des accusations de « trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public », après la découverte de deux téléphones portables dans sa cellule.
Lors d’un point de presse le 13 janvier, la ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yassine Fall, a indiqué que Farba Ngom, maire d’une commune de la région de Matam et proche de l’ex-président Macky Sall, aurait diffusé des procès-verbaux confidentiels, partagé des contenus pornographiques et mené des échanges politiques susceptibles de perturber l’ordre public.
Selon Mme Fall, malgré sa détention dans une cellule réservée aux prisonniers malades, le député utilisait les téléphones pour communiquer avec des journalistes, des avocats, des personnalités politiques et des contacts à l’international (États-Unis, Autriche, Maroc, Mali et Bangladesh). L’exploitation des appareils aurait révélé la possession de documents judiciaires confidentiels et de contenus illicites.
Une affaire de blanchiment de capitaux de 125 milliards FCFA
Farba Ngom est également accusé de blanchiment de capitaux portant sur 125 milliards de francs CFA, selon le Pool judiciaire financier (PJF). Il reste sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, après sa deuxième comparution devant le collège des juges d’instruction. Son co‑prévenu, l’homme d’affaires Tahirou Sarr, a été placé sous liberté provisoire avec contrôle judiciaire.
La nouvelle enquête vise à déterminer la responsabilité de Farba Ngom dans ces faits graves et à situer l’impact de ses actions sur l’ordre public et le respect de la législation pénitentiaire.




