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Football et économie en couverture des journaux camerounais

L’élection, la veille du bureau exécutif de la Fédération nationale de football (Fecafoot) et des sujets d’économie, constituent l’essentiel du menu des journaux camerounais parus jeudi.C’est un homme triomphant, les bras levés en signe de victoire, qui s’affiche à fond perdu en couverture du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : Seidou Mbombo Njoya présidera, pendant les 5 prochaines années, aux destinées du football-roi dans le pays.

Le même apparaît également en couverture de Le Jour, qui précise qu’en tant qu’ancien vice-président (2013), l’homme, aujourd’hui âgé de 57 ans, retrouve à la vérité une maison dont il ne sera pas du tout dépaysé.

Pour en arriver là, étayent Le Quotidien de l’Économie, Le Messager et The Guardian Post, le non moins fils du sultan (roi) des Bamoun (Ouest) a littéralement marché sur son challenger, Joseph Antoine Bell, par 46 voix contre 17.

Et Baromètre Communautaire de constater que c’est la 3ème fois que l’ex-gardien de but international mord la poussière dans cette épreuve, au profit d’un adversaire qui jure de restaurer l’éthique, combattre la corruption et les mauvaises pratiques, créer un fonds d’assistance au football amateur et organiser une compétition entre les ligues régionales.

L’élection de ce 12 décembre 2018, à la Fecafoot, n’a pas dérogé à la règle des manœuvres politiciennes, des intrigues florentines, des règlements de comptes et de diverses manigances en coulisse, tempère Défis Actuels.

«Les premiers signes d’une élection programmée de Seidou Mbombo Njoya avaient déjà été donnés le jour de sa déclaration officielle de candidature. Ce jour-là, l’un de ses camarades, en l’occurrence Gilbert Kadji, révélait que le nouveau président avait tout le soutien de Samuel Eto’o, star mondiale et personnalité très influente du monde du football camerounais. Une annonce qui a eu le don de déchirer les anciens footballeurs et de conforter bon nombre d’électeurs.»

«J’ai appelé tous les autres candidats à se mettre ensemble afin que nous puissions constituer quelque chose de fort. Malheureusement, les égoïsmes des uns et des autres n’ont pas permis que nous en arrivions à lui opposer une concurrence farouche», déplore, dans les colonnes de la même publication, le candidat malheureux Emmanuel Bessong, qui lance ce défi à Seidou Mbombo Njoya : le plus dur commence.

Mais il y a sans doute plus urgent et plus préoccupant en ce moment, si l’on en croit l’alerte de Défis Actuels sur la situation de la Cameroon Development Corporation (CDC), le plus gros employeur privé du pays qui, du fait de la crise sécessionniste anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où elle détient ses plantations, a dû cesser l’exportation de sa banane depuis septembre dernier après avoir fermé 12 de ses 29 sites de production.


Bien décidé à faire échec à la logique séparatiste, le gouvernement, se félicite The Guardian Post, poursuit ses chantiers de développement dans la zone à l’instar du projet Limbe Left Bank Maritime Development, d’un coût de 60 milliards FCFA et qui vise à reconfigurer le chef-lieu du Sud-Ouest à travers la construction d’un palais des congrès d’une capacité de 4000 places, d’un complexe hôtelier de 200 chambres et d’un centre nautique et de loisirs.

Là où cette cité balnéaire, à l’image d’autres grandes agglomérations du pays, risque d’avoir du mal à se moderniser et le volet assainissement pour lequel Le Quotidien de l’Économie tire la sonnette d’alarme : ployant sous les factures impayées des pouvoirs publics, la société Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) n’arrive plus à tenir le pari du ramassage des ordures et pourrait bientôt déposer le bilan.

Une autre patate chaude entre les mains du gouvernement et que signale Mutations en grande manchette, c’est le fameux dossier de la Mission d’intégration et de développement pour l’Afrique (MIDA), fermée sur ordre des autorités dont des dizaines de souscripteurs ont manifesté la veille devant le palais de justice de la capitale, Yaoundé, pour exiger le remboursement de leur mise.

Ils sont au total 17.300 séminaristes, explique le quotidien à capitaux privés, à exiger le remboursement de 18 milliards FCFA à la suite de la suspension des activités de cette structure qui promettait la manne financière aux citoyens, pour «existence illégale, usurpation de fonctions, corruption de la jeunesse, port illégal d’insignes et d’uniformes militaires, escroquerie par appel au public».

La MIDA, détaille Mutations, collectait auprès des populations, en majorité des jeunes et même des dignitaires du pouvoir, des fonds rémunérés au taux de presque 600% : pour une mise de 12.500 FCFA, il était promis au souscripteur une rétrocession de 70.000 FCFA en moins de 30 jours après une série de séminaires rémunérés en secourisme.

Pour le plus grand malheur des manifestants, le procès des dirigeants de la structure traîne en longueur alors que le gouvernement, qui avait saisi d’importantes sommes d’argent entre leurs mains et promis un début de remboursement, se fait désormais inaudible.

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