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Grogne dans les universités sénégalaises : alerte du syndicat majoritaire

Le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a, lors d’une rencontre avec la presse mardi à Dakar, listé les potentielles sources de tension aux seins des universités sénégalaises et appelé le gouvernement à agir pour garantir une année académique paisible.Dans une déclaration lue devant la presse, le SAES a d’abord déploré la situation sociale qui prévaut actuellement dans les campus sociaux des universités avec la fermeture ou la menace de fermeture de la quasi-totalité des restaurants universitaires.

Une situation qui, d’après le Secrétaire général du SAES, Pr Malick Fall, est à l’origine du retard du démarrage des cours à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord).

« Le gouvernement ne semble pas avoir appris des leçons de ces dernières années, les leçons qui ont conduit à des dérapages inutiles dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur », a pesté M. Fall qui prend le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’Innovation (MESRI) pour principal responsable de la grogne dans les universités publiques.

Selon le Professeur Fall, le MESRI n’a pas fait preuve d’anticipation et aurait dû, en accord avec les Directeurs des Centres des Œuvres universitaires, les repreneurs des restaurants universitaires et le ministère des Finances, analyser la situation financière et s’accorder sur les modalités pratiques de paiement avant la rentrée universitaire.

S’agissant du protocole d’accord SAES-Gouvernement du 15 mars 2018 portant sur la retraite et notamment sur le fonds de solidarité, le secrétaire général du mouvement syndical a informé que cette question a été pratiquement réglée entre hier et aujourd’hui.

Cependant, a-t-il indiqué, la question de l’autonomisation financière des universités reste un problème car, le ministère des Finances a appliqué « aveuglement » et en violation de la loi n°2015-02 du 06 janvier 2015 relative à cette question les clauses du programme « SICA-STAR » conclu avec le FMI.


« Nous resterons intransigeant sur la question de l’autonomisation financière des universités. On ne peut pas déroger à cette règle-là. Les universités sont dotées d’une autonomisation financière, il faut donc que l’on laisse à ces universités la liberté de pouvoir jouir de cette autonomisation financière », a-t-il encore dit.

Le SAES a, par ailleurs, invité le gouvernement à achever les chantiers à l’arrêt dans les différentes universités afin de permettre à ces derniers de pouvoir absorber le nombre important de nouveaux bacheliers.

« Le SAES constate avec regret un véritable recul dans la délivrance des visas pour la France. Les enseignants n’ont jamais eu à souffrir de procédures aussi longues pour l’obtention d’un visa », a poursuivi Pr Malick Fall, faisant remarquer que leurs passeports restent parfois trois mois durant à l’Ambassade de France sans qu’il n’y ait aucune réponse de la part de la mission diplomatique française.

L’organisation syndicale a profité de la même occasion pour s’indigner de la décision de Paris d’augmenter les frais d’inscriptions des étudiants africains dans les universités françaises et appelé les gouvernements africains à garantir à leurs enfants l’accès à un enseignement supérieur de qualité capable de prendre en charge les véritables problématiques pour un développement souverain du continent.

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