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Habitants et rescapés prient pour les victimes de l’accident de Madère

Touristes et habitants de l’île portugaise de Madère ont prié et partagé leur douleur avec certains des rescapés de l’accident de car qui a tué mercredi 29 vacanciers allemands, lors d’un vendredi saint de « grande souffrance ».

« C’est un jour de grande souffrance pour les survivants de cet accident terrible et dramatique qui est survenu », a déclaré la pasteure allemande de l’église presbytérienne de Madère, Ilse Berardo, avant une célébration en hommage aux victimes.

Dans le modeste bâtiment entouré de plantes tropicales, situé dans le centre historique de Funchal, la capitale de l’archipel, une atmosphère lourde de chagrin accompagne la foule rassemblée pour la cérémonie pascale, en présence du président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa et de l’évêque de Funchal, Nuno Bras.

Alors que les premiers chants liturgiques résonnent sous la charpente de bois, des survivants, certains le visage encore tuméfié, franchissent le porche de l’église, la mine abattue et sans mot dire.

Ils sont suivis par quelques Portugais, la plupart proches des victimes, comme Ana Maria Rodrigues, propriétaire d’un restaurant qui a perdu plusieurs amis allemands dans l’accident.

« C’est vraiment horrible ce qui est arrivé, je ne pouvais qu’exprimer ma solidarité avec les victimes », dit les larmes aux yeux Ingrid Sousa, une Allemande installée à Madère depuis une cinquantaine d’années et membre de la communauté luthérienne de l’île.

Sur les lieux de l’accident, survenu mercredi dans le village de Caniço, à un dizaine de kilomètres de là, l’ambiance était tout aussi pesante.

Chaque autocar de tourisme entrant ou sortant de l’hôtel Quinta Splendida, où logeaient les touristes allemands tués dans l’accident, attirait des regards inquiets.

– « La boule au ventre » –

Journalistes, touristes et habitants du village refaisaient à pied le trajet d’environ 200 mètres parcouru par le véhicule depuis cet établissement quatre étoiles jusqu’à sa chute, dans le premier virage.


Les murs éraflés, les poteaux arrachés ou pliés et la maison au toit éventré en contrebas de la route où l’autocar a fini sa course, témoignaient de la violence du drame.

Revenu à Caniço après plusieurs années passées en Angleterre, Marco Nobrega contemple le vide avec angoisse.

« Cela aurait pu être moi à leur place. Depuis, je crains moi aussi de perdre le contrôle de mon minibus touristique », avoue à l’AFP le chauffeur de 45 ans.

Reprendre l’autocar, Martina et Reinhard Ladevig, couple d’Allemands venus de Berlin pour des vacances de dix jours au Quinta Splendida en ont très peur.

« Nous avons côtoyé et parlé avec quelques-unes des victimes avant cette tragédie, désormais nous avons la boule au ventre à chaque fois que nous prenons la route pour une excursion », confie à l’AFP Reinhard Ladevig, ingénieur en électricité de 63 ans.

Main dans la main, les époux ont fait partie des rares personnes ayant eu le courage de sortir de l’hôtel pour se rendre sur les lieux de l’accident puis à la célébration en hommage aux victimes.

Jeudi soir, pour le début des messes pascales, l’église de Caniço faisait déjà le plein pour rendre un premier hommage aux victimes.

« C’est la pire tragédie de notre village », témoignait Ermelinda Neves, habitante de 69 ans, châle rouge autour du cou. « C’est la pire semaine sainte de ma vie. Cette année je ne prie que pour les victimes ».



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