À mesure que le Hajj 2026 se profile, l’inquiétude gagne les voyagistes privés sénégalais. Lundi, à Dakar, Cheikh Bamba Dioum, premier vice-président du Regroupement national des opérateurs privés du Hajj et de la Umrah au Sénégal (Renophus), a lancé un appel pressant aux pouvoirs publics. En cause : le coût du transport aérien, jugé trop élevé et potentiellement insoutenable pour les organisateurs comme pour les futurs pèlerins.
« Nous exhortons l’État à intervenir pour assouplir le prix du transport pour le Hajj 2026 », a-t-il déclaré, soulignant que sans ajustement, plusieurs voyagistes pourraient se retrouver dans l’impossibilité de respecter les paiements exigés.
Une avance jugée excessive
Si le prix officiel du billet d’Air Sénégal pour le pèlerinage à La Mecque n’a pas encore été communiqué — un tarif fixé par l’État — les opérations d’enrôlement doivent pourtant débuter prochainement. Or, chaque voyagiste est déjà tenu de verser une avance de 750 000 francs CFA par pèlerin, un montant que le Renophus juge « très élevé ».
Selon Cheikh Bamba Dioum, cette avance laisse entrevoir un coût total avoisinant 1 500 000 francs CFA, soit presque le double des tarifs pratiqués les années précédentes, estimés entre 700 000 et 800 000 francs CFA. Une hausse qui pourrait fragiliser de nombreux opérateurs privés et restreindre l’accès au Hajj pour une partie des fidèles.
Appel à l’État et soutien à Air Sénégal
Le Renophus plaide ainsi pour une intervention de l’État, à l’image des efforts déjà consentis dans les secteurs de l’électricité, du carburant ou de l’essence. Le regroupement réaffirme par ailleurs son attachement à Air Sénégal, choisie pour assurer le transport des pèlerins sénégalais, tout en insistant sur un principe clair : les tarifs de la compagnie nationale ne doivent pas dépasser ceux des compagnies étrangères.
Pour les voyagistes, la publication rapide du prix définitif du billet reste une priorité absolue, ce paramètre étant central dans l’organisation logistique et financière du pèlerinage.
Mise en garde contre les agences non agréées
Au-delà des questions de coûts, Cheikh Bamba Dioum a également alerté les futurs pèlerins sur les dérives observées dans le secteur. Des agences de voyages non agréées continueraient de recruter illégalement des candidats au Hajj, exposant ces derniers à de lourds préjudices.
Il a rappelé l’existence d’une liste officielle de voyagistes habilités, disponible auprès de la Délégation générale au pèlerinage à La Mecque et au siège du Renophus. Toute publicité émanant d’agences non autorisées est désormais interdite, a-t-il souligné, appelant les fidèles à la vigilance avant tout engagement.




