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Iran: Trump et les démocrates s’écharpent sur le pouvoir de déclarer la guerre

Les démocrates du Congrès américain vont défier jeudi Donald Trump en votant sur une résolution visant à brider ses pouvoirs présidentiels pour lancer des opérations militaires contre l’Iran.

Majoritaires à la Chambre des représentants, les démocrates ne décolèrent pas depuis la frappe américaine qui a tué un puissant général iranien la semaine dernière, suivie de frappes de missiles iraniens mercredi sur des bases utilisées par l’armée américaine en Irak.

Disant craindre une « grave escalade des tensions », la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a accusé l’administration de Donald Trump d’avoir lancé cette « frappe militaire disproportionnée et provocatrice » sans « consulter le Congrès », seul habilité à déclarer la guerre selon la Constitution.

Largement symbolique, ce texte sera soumis au vote dans l’après-midi à la Chambre où il devrait être adopté sans problème, contre tenue de la large majorité démocrate.

Il s’agit de « protéger la vie et les valeurs des Américains », a martelé Mme Pelosi jeudi.

Il semble toutefois moins probable que la résolution passe ensuite le cap du Sénat, contrôlé par les républicains (53-47), même si au moins deux sénateurs de ce parti s’y sont dits favorables, indignés par le fait que le Congrès n’ait pas été consulté ni mieux informé sur ces opérations.

Même si la résolution passait les deux étapes du Congrès, elle n’aurait pas valeur de loi et ne doit donc pas être promulguée par Donald Trump.

Elle n’en représenterait pas moins un camouflet pour le président républicain, qui a appelé son camp à la rejeter jeudi matin, en affublant au passage la responsable des démocrates au Congrès d’un surnom moqueur.

« J’espère que les républicains de la Chambre voteront contre la résolution sur les pouvoirs d’entrer en guerre de Nancy la folle », a-t-il tweeté.

– Renforcer « l’ennemi » –

Présentée par une élue démocrate, ex-analyste de la CIA déployée en Irak, Elissa Slotkin, la résolution exhorte le président à « mettre fin à l’emploi des forces armées américaines pour mener des hostilités en ou contre l’Iran, ou contre tout membre de son gouvernement ou de son armée ».


Le texte se base sur la « War Powers Resolution », voté en 1973 sur la fin de la guerre du Vietnam et malgré le veto de Richard Nixon, pour contraindre le président à obtenir un vote du Congrès pour toute intervention militaire de plus de 60 à 90 jours.

Il reconnaît toutefois le « droit inhérent » du gouvernement à agir pour défendre les Etats-Unis « face à une attaque armée imminente ».

Le texte souligne que le gouvernement iranien « soutient le terrorisme » et « mène des activités déstabilisatrice à travers le Moyen-Orient » et que le général Soleimani était « le principal architecte » de ces activités « à travers le monde ».

Il avance néanmoins que l’élimination du général puis la riposte iranienne contre des bases en Irak « risquent de mener à une escalade significative des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran ».

« Le Congrès n’a pas autorisé le président a autorisé la force militaire contre l’Iran », poursuit la résolution, affirmant que « les Américains et les membres de l’armée ont droit à une explication crédible ».

C’est ce point qui a provoqué la rupture de deux sénateurs républicains dans le camp du président, qui lui est sinon largement très fidèle.

Farouche défenseur de la séparation des pouvoirs, le conservateur Mike Lee est sorti outré mercredi d’un briefing donné par de hauts responsables de l’administration Trump sur l’Iran.

« Il est inacceptable que de hauts responsables de l’exécutif, je me fiche qu’ils soient de la CIA ou du ministère de la Défense, ou autre, viennent nous dire que nous ne pouvons pas discuter et débattre du bien-fondé d’une intervention militaire avec l’Iran », s’est-il emporté.

« Cela va à l’encontre des valeurs américaines » et « c’est anticonstitutionnel », a-t-il tonné en annonçant qu’il avait donc décidé de voter pour une résolution similaire lorsqu’elle serait présentée au Sénat, comme un autre républicain, Rand Paul.

Les alliés du milliardaire faisaient toutefois en majorité bloc derrière le président, le sénateur Lindsey Graham affirmant que ses deux collègues « renforçaient l’ennemi » en soutenant cette résolution.


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