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Italie: Conte annonce un « marathon » de réformes pour son gouvernement, malgré une majorité fragilisée

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Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé samedi un « marathon de trois ans » de réformes pour son gouvernement, dont la survie est toutefois menacée par d’importantes dissensions apparues au sein de la majorité après seulement quatre mois au pouvoir.

A l’occasion de la traditionnelle conférence de presse de fin d’année, M. Conte s’est dit « fier » du travail accompli, assurant qu’après « le sprint des ces premiers jours démarrait un marathon de trois ans » qui conduira à la fin de la législature en 2023.

Les partis de la coalition au pouvoir, formée en septembre par le Parti démocrate (centre gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), manifestent déjà d’importants désaccords qui fragilisent leur alliance sur plusieurs dossiers, comme les migrants, la réforme de la zone euro ou de la justice, laissant laissent présager par des observateurs un retour aux urnes dans les prochains mois.

« Nous avons 23 points ambitieux, dont certains ont déjà été abordés, et janvier sera l’occasion de s’arrêter pour réfléchir, débattre avec les différentes forces politiques et pour relancer l’action gouvernementale », a expliqué Giuseppe Conte.

Parmi les mesures annoncées, il a énuméré « l’allègement de la machine bureaucratique », la numérisation de la fonction publique, la diminution des degrés de juridiction, la réforme de la fiscalité et la lutte contre l’évasion fiscale.

Selon lui, l’un des moyens pour l’Italie d’éviter une procédure d’infraction de la part de Bruxelles, « c’est de lutter contre l’évasion fiscale qui est un vol et qui lèse les citoyens honnêtes. Nous devons tous payer pour que tous payent moins ».

L’Italie est le premier pays européen pour l’évasion fiscale, estimée à 190,9 milliards d’euros, soit le double de ses dépenses de santé, selon un récent rapport du cabinet d’étude britannique Tax Research LLP.

La gouvernement a subi un coup dur cette semaine avec la démission de son ministre de l’Education, le M5S Lorenzo Fioramonti, qui a jeté l’éponge faute d’avoir obtenu les crédits qu’il réclamait dans le budget 2020 pour mener à bien sa mission.

Pour lui succéder, Giuseppe Conte a annoncé samedi la nomination de Lucia Azzolina, au poste de ministre de l’Ecole, ainsi que de Gaetano Manfredi comme ministre de l’Université et de la Recherche, un nouveau portefeuille.


– L’Emilie, test national –

Membre du M5S, Lucia Azzolina (37 ans) était jusqu’ici secrétaire d’Etat à l’Education, et Gaetano Manfredi (55 ans) président de la Conférence des recteurs des universités italiennes (CRUI).

Giuseppe Conte « est manifestement trop attaché aux ministères puisqu’après avoir perdu un ministre, il en annonce deux nouveaux », a critiqué le chef de la Ligue (extrême droite) et ex-ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, pour qui le gouvernement Conte est synonyme de « plus de taxes, plus de fauteuils (ministériels) et plus de mensonges ».

Si la récente démission du ministre de l’Education n’est pas, selon la presse, annonciatrice d’une fronde naissante au sein du gouvernement, elle souligne néanmoins les problèmes du M5S, dont le chef politique Luigi Di Maio, ministre des Affaires étrangères, est contesté en interne. De plus, plusieurs parlementaires du M5S ont cédé aux sirènes de Matteo Salvini, qu’ils ont rejoint dans les rangs de l’opposition.

Outre les divergences entre les deux partis au pouvoir, l’exécutif voit aussi grandir avec inquiétude les ambitions de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, qui a rompu en septembre avec sa famille démocrate, créant dans la foulée la nouvelle formation centriste Italia Viva.

Le gouvernement est également sous la menace de La Ligue de Matteo Salvini qui ne cesse de réclamer des élections anticipées et qui, même si elle a perdu du terrain dans les sondages depuis qu’M. Salvini a fait exploser en août la précédente coalition, reste le premier parti d’Italie avec environ 31% des intentions de vote.

Le mois de janvier pourrait être déterminant pour le gouvernement en raison des prochaines élections régionales, au goût de test national, qui auront lieu en Emilie-Romagne (nord-est) le 26 janvier.

Dans ce fief historique de la gauche, souvent qualifié par les Italiens d' »Emilie rouge », se profile un duel entre le Parti démocrate (centre-gauche) et la droite menée par la Ligue.


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