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Italie: l’engagement environnemental oublié des antisystème

Le Mouvement italien 5 étoiles (M5S, antisystème) avait fait de l’environnement un de ses principaux thèmes de campagne en 2018. Mais huit mois après son accession au pouvoir avec la Ligue (extrême droite), le bilan est maigre.

« On s’attendait à bien plus en ce qui concerne le climat et l’environnement », souligne à l’AFP Stefano Ciafani, président de Legambiente, une association italienne de protection de l’environnement.

Le chapitre consacré à ce thème dans le programme électoral du M5S, fruit d’une ample concertation avec la base du parti, comptait pas moins de 52 pages!

Mais déjà, fin mai, « l’environnement, la green economy et le zéro déchet » n’étaient plus réduits qu’à trois pages dans le contrat de gouvernement négocié entre le M5S et la Ligue de Matteo Salvini.

« Qui ne respecte pas l’environnement ne se respecte pas lui-même. Nous avons besoin (…) de mettre la question écologique au centre de la politique », soulignait pourtant ce document.

Mais depuis, pas grand-chose dans les faits, dans un contexte certes peu favorable, entre le marasme économique, la dette publique colossale et les mesures phares des deux partis à lancer en priorité.

La tendance n’est pas nouvelle: selon un rapport de WWF, « ces dix dernières années, les ressources destinées au ministère de l’Environnement ont été réduites de moitié » en Italie, passant de 1,65 milliard d’euros en 2008 à 880 millions en 2018.

Et alors que le M5S semblait initialement vouloir inverser la tendance, ce budget va poursuivre sa baisse.


« D’une manière générale, les grandes attentes suscitées dans le domaine environnemental, énergétique et climatique par le Mouvement 5 Etoiles au cours de la campagne électorale ont été plutôt déçues », note M. Ciafani.

« Les politiques de ce gouvernement sont orientées vers trois sujets – immigration, retraites et revenu de citoyenneté », les chevaux de bataille électoraux de la Ligue et du M5S, ajoute-t-il.

« Quand le M5S se déclarait en faveur de la protection de l’environnement, c’était idéologique, il soutenait en fait les protestations contre n’importe quel ouvrage », estime M. Ciafani.

« Mais maintenant qu’ils sont au gouvernement ils sont placés face à leurs responsabilités et doivent faire des propositions, ce qu’ils n’ont jamais fait ».

Le M5S a ainsi dû avaler une sacrée couleuvre en acceptant qu’ArcelorMittal reprenne le sidérurgiste Ilva, alors qu’il avait promis à ses électeurs de fermer le site de Tarente (sud), un des plus pollués d’Europe, et de le transformer en parc de développement d’énergies renouvelables.

La situation est très critique dans l’ensemble de la péninsule en terme de pollution de l’air, avec « 90.000 morts prématurées par an dues au smog », selon le ministère de l’Environnement, et un pays « à la dernière place » en Europe pour ce type de pollution, d’après l’Agence européenne pour l’environnement.



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