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Italie: vers un accord de coalition entre le centre gauche et M5s

L’hypothèse d’un gouvernement formé par le Parti démocrate (PD, centre gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) s’est renforcée lundi soir en Italie, avec une série de déclarations optimistes et un rythme serré de réunions.

Près de trois semaines après le dynamitage par le patron de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini de l’alliance instable formée seulement 14 mois plus tôt avec le M5S, la recomposition du paysage politique semble en bonne voie.

Les pourparlers se sont intensifiés entre le M5S et le PD, première force de gauche, pour constituer un nouvel exécutif, déjà baptisé « jaune-rose » par les médias, et s’accorder sur un Premier ministre.

« Je suis optimiste pour construire cet accord, nous sommes sur la bonne voie. Former un gouvernement est une chose sérieuse », a déclaré Nicola Zingaretti, chef du PD, après avoir rencontré brièvement le chef du M5S, Luigi Di Maio.

Tout sourire, le très sobre dirigeant social-démocrate a assuré que les négociations se sont « finalement ouvertes pour un gouvernement de changement ». Une autre réunion associant MM. Zingaretti et Di Maio au Premier ministre sortant Giuseppe Conte a commencé à 21H00 et promettait de se prolonger jusqu’à tard dans la soirée.

Pour résoudre la crise, les deux formations travaillent sur l’hypothèse consistant à reconduire dans ses fonctions M. Conte, ce qui est l’une des exigences du M5S. En contrepartie, les sociaux-démocrates du PD obtiendraient un remaniement complet de l’équipe gouvernementale.

Le chef du groupe PD au Sénat, Andrea Marcucci, a affirmé que M. Zingaretti ne posait « pas de véto » au maintien de M. Conte, auquel il reprochait jusqu’à présent d’avoir accepté les diktats anti-migrants de Matteo Salvini, son ministre de l’Intérieur pendant un peu plus d’un an.

Selon les politologues, M. Conte, très populaire dans le pays (54%), est sorti grandi de la crise avec M. Salvini, qu’il a traité au Sénat d' »irresponsable » et d' »opportuniste » pour son appel à des « élections immédiates », avant de démissionner avec panache le 20 août.

— Peu d’alternatives —


Les positions du M5S et du PD convergent sur une réduction du nombre de parlementaires (ramenés à 600 contre près de 950), et un programme économique attentif aux plus faibles et respectueux de l’environnement.

Mais au sein du M5S, fondé sur le rejet de la vieille classe politique et traversé de courants eurosceptiques ou marqués à gauche, les dissensions sont fortes. Une partie des Cinq Etoiles refuse un mariage avec le parti de l’ex-Premier ministre Matteo Renzi, leur ennemi juré.

Le M5S a toutefois peu d’alternatives: même s’il reste le premier parti au parlement en vertu des législatives de 2018 (32% des voix), il a perdu énormément de terrain, avec seulement 17% des voix aux dernières Européennes, et retourner aux urnes serait suicidaire.

De son côté, Matteo Salvini a paru reconnaître sa défaite, lors d’une conférence de presse lundi soir.

« Je suis fier du choix de liberté fait par la Ligue. On peut échapper aux élections pendant un mois, un an, mais le jugement du peuple arrive tôt ou tard », a ajouté le chef des souverainistes italiens, qualifiant la probable alliance PD-M5S de « retournement » qui trahit la volonté des électeurs.

Cependant, Salvini n’aurait pas non plus intérêt désormais à un scrutin anticipé à l’automne. La Ligue a perdu entre 5 et 7 points d’intentions de vote dans les sondages, à 31/33% contre un niveau record de 36/38%, atteint le jour où il a fait exploser la coalition avec les Cinq Etoiles, au motif qu’il était impossible de gouverner avec eux.

Le verdict est attendu au plus tôt mercredi. Le président italien Sergio Mattarella a annoncé qu’il tiendrait de nouvelles consultations avec les formations politiques à partir de mardi.

Depuis la démission de M. Conte mardi dernier, M. Mattarella, seul capable de dénouer la crise en cours, a fait comprendre qu’il voulait agir vite pour éviter de prolonger l’instabilité politique de la troisième économie de la zone euro. L’Italie doit encore choisir un nom pour son nouveau commissaire européen à envoyer à Bruxelles et adopter un budget pour 2020, à l’élaboration difficile sur fond de croissance poussive et de lourd endettement.


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