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Julian Assange, ex-héraut de la transparence cerné par la justice

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Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange est passé en quelques années du statut de héraut de l’information libre à celui de personnage controversé sur lequel se resserre implacablement, depuis sa spectaculaire arrestation à Londres, l’étau judiciaire.

Le parquet de Stockholm a annoncé lundi la réouverture d’une enquête pour viol visant l’Australien de 47 ans, accusation qu’il a toujours rejetée.

Ces poursuites avaient initialement été abandonnées en 2017, la justice suédoise ne pouvant mettre la main sur Assange, alors réfugié à l’ambassade équatorienne de Londres.

L’Australien s’y était réfugié, déguisé en coursier, le 19 juin 2012, craignant d’être arrêté par les autorités britanniques et extradé et jugé aux États-Unis, pour la diffusion en 2010 de plus de 700.000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines.

Après avoir passé presque sept ans dans ce bâtiment diplomatique d’un quartier chic de la capitale britannique, l’Australien aux cheveux argentés a été interpellé le 11 avril, avec l’autorisation de Quito, apparaissant vieilli et affaibli.

– Trump: « J’adore WikiLeaks » –

Depuis, Assange, incarcéré à la prison de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, a été condamné à 50 semaines de prison pour s’être soustrait à la justice britannique en 2012. Et comparaît à nouveau devant un tribunal pour une demande d’extradition des Etats-Unis, une procédure qui devrait prendre de nombreux mois.

A l’audience, il a déclaré ne pas vouloir se « soumettre à une extradition pour un travail de journalisme qui a récolté de nombreuses récompenses et protégé beaucoup de gens ».

Mais cette image de « cyber-warrior » n’a plus le même lustre qu’avant. Elle s’est plus particulièrement brouillée avec la diffusion par sa plateforme, en 2016, à un moment-clé de la campagne présidentielle américaine, de milliers de courriels piratés provenant du Parti démocrate et de l’équipe d’Hillary Clinton, qui ont contribué à discréditer la candidate.

Ces révélations avaient alors suscité des éloges appuyés du candidat Donald Trump. « J’adore WikiLeaks », avait affirmé ce dernier au cours d’un meeting. D’après la CIA, ces documents ont été obtenus par WikiLeaks auprès d’agents russes, ce que nie la plateforme.

Personnage difficile à suivre, Julian Assange a été balloté de gauche à droite dès son plus jeune âge par sa mère, Christine Ann Assange, une artiste de théâtre qui s’était séparée de son père avant même sa naissance.


Il compare son enfance à celle de Tom Sawyer, entre construction de radeau et explorations diverses de son environnement. Jusqu’à l’âge de 15 ans, il vivra dans plus de 30 villes australiennes différentes et fréquentera de nombreuses écoles avant de se poser à Melbourne où il étudiera les mathématiques, la physique et l’informatique.

Doué, travailleur, il est happé par la communauté des hackers et commence à pirater les sites internet de la Nasa ou du Pentagone en utilisant le pseudonyme de « Mendax ».

– Soutien de Pamela Anderson –

C’est à cette époque qu’il a un fils, Daniel, dont il se disputera la garde avec la mère. Lorsqu’il lance WikiLeaks dans le but de « libérer la presse » et de « démasquer les secrets et abus d’État », il devient, selon un de ses biographes, « l’homme le plus dangereux du monde ».

Il se fait connaître du grand public en 2010 avec la publication de centaines de milliers de documents américains. Un coup d’éclat qui vaut à cet homme grand et mince au teint diaphane d’être présenté comme un champion de la liberté d’informer.

Mais en même temps que sa notoriété grandit, les critiques s’accumulent.

En 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks condamnent la méthode de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d’Etat américain non expurgés. Ils estiment que les documents sont susceptibles de « mettre certaines sources en danger ». La critique sera également formulée par le lanceur d’alertes Edward Snowden.

Chargé de rédiger l’autobiographie de Julian Assange, Andrew O’Hagan finit par jeter l’éponge avec ce verdict définitif : « L’homme qui se targue de dévoiler les secrets de ce monde ne supporte pas de dévoiler les siens ».

Depuis, seul un noyau dur lui est resté fidèle, à l’instar de l’actrice américaine Pamela Anderson, qui lui a rendu visite la semaine dernière en prison.



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