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La Chine fustige le « chantage » sur le commerce mais nie vouloir détrôner les Etats-Unis

La Chine a vivement rejeté vendredi à l’ONU le « chantage » sur le commerce et pris le contre-pied des Etats-Unis de Donald Trump sur la plupart des grands dossiers, tout en niant vouloir les détrôner sur la scène mondiale.

« La Chine n’acceptera pas le chantage et ne fera pas l’objet de pressions », a mis en garde son ministre des Affaires étrangères Wang Yi à la tribune de l’Assemblée générale annuelle, sans nommer directement son adversaire.

En pleine guerre commerciale à coups de taxes douanières avec Washington, le chef de la diplomatie chinoise a livré ce qui ressemblait à une leçon de libre-échange destinée, de manière à peine voilée, aux Américains.

« Le protectionnisme ne fera que porter préjudice à tous », a-t-il martelé.

Il a aussi posé Pékin en « champion du multilatéralisme » au moment où l’administration Trump est critiquée pour son approche unilatéraliste des affaires du monde.

A cette même tribune, le président des Etats-Unis avait défendu mardi sa vision des relations internationales fondée sur la « souveraineté » des nations, dénonçant « l’idéologie du mondialisme » et prenant pour cible plusieurs organisations multilatérales.

« La Chine a toujours défendu l’ordre international » et « respecté » les décisions qui en découlent, a répondu Wang Yi.

Selon lui, « aucun pays ne peut relever seul » les grands défis internationaux auxquels le monde est confronté actuellement « ou être immunisé face à leurs effets ».

Le chef de la diplomatie chinoise a une nouvelle fois défendu l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont les Etats-Unis se sont retirés en mai au grand dam des autres grandes puissances.

Sur la Corée du Nord, il a une nouvelle fois plaidé pour que l’ONU « crée des conditions plus favorables » encourageant la dénucléarisation. La veille, il avait appelé le Conseil de sécurité à un allègement des sanctions, rejetant l’appel américain à leur application « stricte » jusqu’à ce que le désarmement atomique du régime reclus soit achevé.

– « Nouvelles suspicions » –


Son plaidoyer semblait opposer frontalement les deux premières puissances économiques de la planète.

Il résonne de façon particulière au moment où Donald Trump, qui avait misé depuis son arrivée à la Maison Blanche début 2017 sur sa relation avec le président chinois, a jugé cette semaine que Xi Jinping n’était « peut-être plus » son « ami ».

Sur fond de tensions commerciales, le milliardaire républicain et son administration ont multiplié les fronts, dans ce qui ressemble à une offensive tous azimuts pour faire flancher Pékin: dénonciation de l’internement des musulmans ouïghours, sanctions contre l’achat d’armes russes, soupçons de violation des sanctions nord-coréennes.

Et même une surprenante attaque de Donald Trump lui-même, au Conseil de sécurité, contre une présumée ingérence chinoise dans les prochaines élections parlementaires américaines, dont l’objectif serait sa propre défaite.

Malgré ce climat explosif, Wang Yi a assuré, lors d’une conférence à New York, que les craintes d’une Chine qui chercherait à détrôner les Etats-Unis sur la scène mondiale étaient « infondées ».

Se référant à l’idée en vigueur d’après lui chez certains intellectuels occidentaux, selon laquelle Pékin multiplierait les efforts pour atteindre une « position hégémonique ou même disputer aux Etats-Unis leur leadership », il a déclaré: « Je veux vous dire très clairement qu’il s’agit d’une erreur de jugement stratégique grave ».

« C’est une prévision erronée qui risque d’être extrêmement préjudiciable aux intérêts américains et à l’avenir des Etats-Unis », a aussi mis en garde le ministre chinois, inquiet de voir s’installer un cercle vicieux nourri par « de nouvelles suspicions ».

Au cours des dernières années, la Chine a considérablement développé son emprise notamment en Afrique. A l’ONU, elle prend aussi de plus en plus de place, engageant toujours plus de militaires dans des opérations de paix – 2.500 aujourd’hui déployés, notamment au Mali, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud ou au Liban – et augmentant aussi régulièrement ses contributions financières.

Devant le Council on Foreign Relations, un cercle de réflexion de New York, Wang Yi a aussi démenti tout pillage chinois de technologies développées par les entreprises étrangères, comme en est régulièrement accusée la Chine. « Je tiens à souligner que la Chine n’a pas copié les brevets étrangers » et « ne copiera pas les brevets étrangers », a-t-il assuré.


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