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La Colombie vote pour élire ses autorités locales

Les Colombiens votent dimanche pour élire maires, gouverneurs de départements et assemblées locales, après une campagne marquée par des épisodes de violence, et la participation de l’ex-guérilla Farc pour la deuxième fois depuis la signature de l’accord de paix.

Ce scrutin pourrait voir la première élection d’une femme, symbole en outre de la lutte anti-corruption et homosexuelle, à la mairie de Bogota.

Quelque 36,6 millions d’électeurs sont appelés à voter jusqu’à 16h00 (21h00 GMT) pour ce scrutin auquel se présentent 116.428 candidats, dont 37% de femmes.

A l’ouverture des bureaux de vote, le président de droite Ivan Duque a souligné que ce sont les élections locales « avec le plus de candidats de l’histoire de notre pays ».

C’est par ailleurs la deuxième fois que se présente devant les urnes le parti issu de l’ex-guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui ont signé la paix en 2016 avec le gouvernement de l’ancien président Juan Manuel Santos (2010-2018).

Au total, les Colombiens doivent désigner dimanche 1.101 maires et conseils municipaux, ainsi que les gouverneurs des 32 départements du pays et leurs assemblées.

– Une femme donnée favorite à Bogota –

Dans la capitale, de 7,2 millions d’habitants, Claudia Lopez 49 ans, candidate d’une alliance entre le Parti vert et le Pôle démocratique (gauche), est en tête des intentions de vote, face au libéral Luis Carlos Galan, 43 ans.

« Je suis une femme. Je suis candidate d’un parti de centre-gauche. Je suis lesbienne et cela ne devrait pas importer dans le débat public (…), mais en Colombie, ce n’est pas sans importance », a déclaré à l’AFP cette ex-sénatrice de l’opposition, qui avait mené l’an dernier une consultation populaire contre la corruption.

De son côté, après les législatives de l’an dernier où elle n’a obtenu que 0,27% des voix, la Force alternative révolutionnaire commune (Farc), fondée par la rébellion dissoute, joue sa survie. Elle ne présente que 308 candidats, la majorité comme conseillers municipaux, et seulement 18 à un mandat de maire.

La campagne a été marquée par une forte violence dans 27% des municipalités, selon la Mission indépendante d’observation électorale (MOE), et les forces armées ont été mobilisées dans tout le pays pour assurer la tranquillité de la journée électorale.

Depuis la clôture le 27 juillet des inscriptions des candidats, sept ont été assassinés, 88 menacés, 12 visés par des attentats et un a été enlevé. Les victimes, au nombre de 108, sont de la quasi-totalité des partis, selon la MOE.


Au total 2.065 candidats bénéficient d’une protection financée par le gouvernement.

« Que les urnes se remplissent aujourd’hui de rêves de paix et soient une opportunité supplémentaire de défendre la vie, par l’intermédiaire d’hommes et de femmes engagés envers le souhait d’un pays différents (…). Que la paix l’emporte », a lancé le chef de la Farc, Rodrigo Londoño.

– Violences et corruption –

Son parti a dénoncé vendredi le « manque de garanties de sécurité » des élections après l’assassinat la veille d’un ex-guérillero et époux d’une candidate au conseil municipal de Mesetas (Meta, centre).

Selon la Farc, 168 ex-guérilleros et proches d’anciens rebelles ont été assassinés depuis l’accord de paix, qui a mis fin à plus de 52 ans de confrontation armée entre la guérilla et l’Etat colombien.

La corruption, qui se traduit en politique par l’opacité du financement des campagnes, l’achat de votes ou les interférences de représentants du gouvernement, est un autre des points marquants du scrutin.

La MOE a dénoncé un risque de fraude dans 461 municipalités et pointé du doigt le manque de transparence sur la provenance des fonds versés à certains candidats pour leur campagne.

M. Duque a rappelé dimanche que le gouvernement avait mis en oeuvre une plate-forme électronique pour suivre en temps réel les dénonciations de fraude afin de « garantir la plus grande transparence de tout le processus électoral ».

Alors qu’il accuse une forte impopularité (64% d’opinions défavorables en août), ce scrutin sera un test pour son parti, le Centre démocratique dirigé par son mentor, l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010) poursuivi en justice pour manipulation de témoins contre un opposant.

Ces élections sont toutefois dominées par la présence de candidats de coalitions dans les deux tiers des municipalités plutôt que par les partis traditionnels, selon le ministère de l’Intérieur.

Si l’accord de 2016 a fait baisser l’intensité du conflit, la Colombie reste déchirée par la violence d’une guerre interne de plus d’un demi-siècle, avec la présence de l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active, de dissidents des Farc qui ont refusé le pacte de paix, et de gangs de narco-trafiquants.


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