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La succession de Theresa May, une course pour le pouvoir mouvementée

Pour succéder à la Première ministre britannique Theresa May, il faut d’abord être élu à la tête du Parti conservateur. En déposant leur candidature lundi, les prétendants s’engagent dans une lutte pour le pouvoir souvent pleine de rebondissements et de coups de poignard dans le dos.

– Première étape: diriger le parti

Peuvent se lancer dans la course des députés conservateurs bénéficiant du soutien d’au moins huit collègues.

Les députés s’expriment d’abord sur les candidats lors d’une série de votes à bulletin secret jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux. C’est ensuite aux membres du parti de départager les finalistes, après une campagne menée dans tout le Royaume-Uni. Le nom du vainqueur devrait être connu d’ici fin juillet.

Mais loin d’être paisible, la compétition est souvent faite de rebondissements. Tous les candidats ne se lancent pas dans la course pour gagner et certains, une fois éliminés, conditionneront leur soutien à un rival à l’octroi d’un poste de ministre. On peut aussi s’attendre à des coups bas entre rivaux et des fuites de dossiers gênants dans la presse.

– Direction Downing Street

Le nouveau chef du Parti conservateur ne devient pas instantanément Premier ministre. En 2016, Theresa May était ainsi cheffe du parti depuis deux jours quand David Cameron lui a laissé la place à Downing Street. Mme May peut ainsi s’accorder un jour ou deux de transition.

Elle restera à la tête du gouvernement de Sa Majesté jusqu’à ce qu’elle informe la reine Elizabeth II de sa démission. La souveraine nommera alors son successeur.

La reine choisit la personne la plus susceptible d’avoir la confiance de la Chambre des Communes, soit le chef du plus grand parti politique. Dans le cas présent, il s’agit des conservateurs, qui disposent d’une majorité absolue à la Chambre des Communes grâce à l’appoint du DUP, petit parti unioniste d’Irlande du Nord.


– Le favori perd

Chez les conservateurs, le favori n’a jamais gagné… jusqu’ici. Quelques exemples:

En 1965, Reginald Maudling était considéré comme le favori mais Edward Heath l’emporta.

M. Heath a provoqué une nouvelle élection en 1975 pour asseoir son autorité et était censé l’emporter facilement. C’était sans compter sur Margaret Thatcher qui s’est imposée à la surprise générale, devenant la première femme à diriger le Parti conservateur. Edward Heath ne lui a jamais pardonné.

En 1990, c’est Margaret Thatcher qui doit faire ses valises après avoir été mise en ballotage par son challenger Michael Heseltine. John Major entre alors en piste et bat M. Heseltine.

En 2005, David Davis était donné gagnant mais s’est fait devancer par David Cameron, un outsider jeune et modernisateur.

Et lors du vote de 2016 qui a vu la victoire de Theresa May, l’ex-maire de Londres Boris Johnson partait favori avant que son allié Michael Gove ne le lâche, l’obligeant à renoncer.



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