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La Turquie, pays musulman entre Europe et Asie

La Turquie, pays musulman situé au carrefour de l’Europe et de l’Asie et membre de l’Otan, est dirigée depuis 2003 par l’islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, qui se représente à l’élection présidentielle de dimanche.

– Turquie moderne et laïque –

Le 29 octobre 1923, après la chute de l’Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale, Mustafa Kemal proclame la République turque.

Il engage le pays sur la voie de l’occidentalisation à marche forcée et inscrit la laïcité parmi ses principes fondateurs.

Mustafa Kemal, dit Atatürk (« père des Turcs »), dirige le pays jusqu’à sa mort en 1938.

Le multipartisme est introduit en 1946, mais la vie politique est marquée par trois coups d’Etat militaires suivis de dures répressions (1960, 1971 et 1980).

– Règne des islamo-conservateurs –

En 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), fondé par Recep Tayyip Erdogan et Abdullah Gül, remporte une victoire écrasante aux élections législatives anticipées.

La victoire de l’AKP marque la fin d’une ère d’instabilité gouvernementale mais sonne le début de l’inquiétude des milieux attachés à la laïcité.

En 2003, M. Erdogan arrive au pouvoir d’abord comme Premier ministre puis comme président en 2014, portant un projet islamo-conservateur et invoquant la gloire passée des sultans.

En 2016, il échappe à une spectaculaire tentative de putsch menée par des militaires rebelles et suivie de purges sans précédent.

– Entre Occident et Asie –

A cheval entre l’Asie et l’Europe, la Turquie, un pays à majorité sunnite de 80 millions d’habitants, accueille quelque 3,5 millions de Syriens qui ont fui la guerre qui ravage leur pays depuis 2011.


Des négociations d’adhésion d’Ankara à l’Union européenne ont été lancées en 2005. Mais la candidature d’Ankara est au point mort depuis plusieurs années, et les relations entre les deux parties se sont dégradées après le coup d’Etat avorté de 2016, les Européens déplorant une dérive autoritaire de M. Erdogan.

Membre-clé de l’Otan depuis 1952, la Turquie représente la deuxième plus grande armée de l’Alliance après les Etats-Unis. Mais les relations entre ces deux pays ont été affectées par plusieurs sujets de discorde, dont le soutien apporté par Washington aux milices kurdes syriennes, considérées par Ankara comme terroristes.

Dans le même temps, la Turquie s’est rapprochée de la Russie sur le dossier syrien. Mais Ankara soutient les rebelles en lutte contre le président Bachar al-Assad, alors que Moscou reste un soutien indéfectible du régime de Damas.

– Chute de la livre turque –

La Turquie a enregistré une croissance de 7,4% en 2017, mais l’économie est marquée par une inflation qui atteint plus de 10% et des dettes d’entreprises élevées. La monnaie nationale, la livre turque, bat actuellement des records à la baisse.

Après une série d’attentats et des turbulences politiques causées par le putsch manqué, le nombre de touristes, qui s’était réduit d’un quart en 2016, a grimpé de 22% en 2017. Et pour 2018, le pays espère atteindre les 40 millions de visiteurs.

– Istanbul –

Située sur la rive européenne d’Istanbul, la vieille ville d’Istanbul, classée par l’Unesco au Patrimoine mondial, regroupe les principaux vestiges historiques de l’ancienne capitale des empires romain, byzantin et ottoman.

L’ex-basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, qui se dressent sur la place de Sultanahmet, sont des joyaux du patrimoine culturel et architectural de Turquie.

Le palais de Topkapi, « Sublime Porte » de la puissance ottomane pendant cinq siècles, fut le premier des palais construits par le sultan Mehmet II après la prise de Constantinople, renommée Istanbul.

Les autorités ont multiplié ces dernières années les grands projets d’infrastructures dans le pays, et en particulier à Istanbul, la capitale économique du pays.



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