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La valse des ministres et conseillers de Trump

Le ministre américain de la Justice Jeff Sessions a rejoint mercredi la longue liste de membres ou proches de l’administration Trump qui ont quitté le navire depuis l’entrée en fonction du 45e président américain.

– Jeff Sessions, ministre de la Justice –

Jeff Sessions a démissionné « à la demande » de M. Trump. Il était la cible de critiques présidentielles depuis qu’il avait décidé en mars 2017 de se récuser de toute enquête touchant à la Russie à cause de ses rencontres avec l’ambassadeur russe en pleine campagne présidentielle. MM. Trump et Sessions avaient scellé très tôt une alliance anti-élite, malgré leurs différences. Ancien sénateur de l’Alabama, un Etat encore très marqué par la ségrégation raciale, cet ultra-conservateur de 71 ans avait mis en place la politique anti-immigration du président, notamment la séparation des familles de migrants illégaux et la fin du statut protégé des « Dreamers », ces immigrés arrivés clandestinement dans le pays quand ils étaient enfants.

– Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU –

Nikki Haley a annoncé début octobre sa décision de quitter son poste d’ambassadrice à l’ONU à la fin de l’année. Aucune explication claire n’a été fournie sur l’annonce surprise du départ de cette fille d’immigrés indiens au caractère affirmé, devenue la femme la plus en vue du gouvernement et l’un des membres les plus populaires de l’administration républicaine. A 46 ans, cette ex-gouverneure de la Caroline du Sud a promis de faire campagne pour la réélection du président en 2020.

– Scott Pruitt, ministre de l’Environnement –

En deux tweets, Donald Trump a annoncé avoir accepté la démission de Scott Pruitt, le 5 juillet. Le dirigeant de l’agence de protection de l’environnement (EPA), qui a minutieusement détricoté le bilan environnemental de Barack Obama, était englué dans une cascade de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics.

En septembre 2017, le président avait lâché qu’il n’était « pas content » de son ministre de la Santé, Tom Price, après de multiples révélations sur ses dépenses. Celui-ci avait démissionné quelques minutes après.

– Rex Tillerson, secrétaire d’Etat –


L’ancien PDG d’ExxonMobil a été limogé de son poste de chef de la diplomatie le 13 mars, après des mois de tensions et d’humiliations de la part de M. Trump sur la stratégie diplomatique américaine, que ce soit sur l’Iran ou la Corée du Nord. Censé porter la parole des Etats-Unis, l’ancien patron était souvent coupé des processus de décision. L’un de ses proches a d’ailleurs expliqué qu’il n’avait pas parlé au président avant son éviction, annoncée sur Twitter. Il a été remplacé par le chef de la CIA, Mike Pompeo.

– Gary Cohn, conseiller économique –

Cet ancien patron de la banque d’investissement Goldman Sachs a quitté son poste de conseiller économique principal du président le 6 mars pour protester contre la décision du dirigeant d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, ultime goutte d’eau après plusieurs désaccords de fond entre lui et M. Trump.

– Steve Bannon, stratège –

Le « président Bannon », comme était surnommé ce conseiller de l’ombre très influent, a joué un rôle crucial dans la dernière ligne droite de la présidentielle remportée par Donald Trump, lorsqu’il a donné un virage résolument populiste à la campagne du milliardaire.

Proche de l’extrême droite, sa cohabitation avec d’autres ténors à la Maison Blanche a tourné à la guerre interne mais, même déchu, il a assuré qu’il continuerait à se battre « pour Trump ». Il a démissionné le 18 août 2017 après 210 jours à son poste.

– Michael Flynn et H.R. McMaster, Sécurité nationale

Michael Flynn n’a tenu que 22 jours comme conseiller à la Sécurité nationale. Ancien chef du renseignement militaire américain très apprécié de Donald Trump, il a fait les frais, le 13 février 2017, de l’affaire russe, dont il est l’un des principaux protagonistes. Il avait été remplacé par H.R. McMaster, général trois étoiles qui a à son tour quitté ses fonctions après plusieurs mois passés dans une position très affaiblie. Le président l’avait notamment réprimandé sur Twitter pour avoir estimé « irréfutables » les preuves d’une ingérence de Moscou dans l’élection américaine. Il a été remplacé par le très conservateur John Bolton.



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