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L’agriculture et l’élevage, les remèdes contre la malnutrition à Matam

Des champs, des poulaillers, des élevages de caprins, une rizerie, etc. Le village de Dolol Soubalo, dans la région de Matam (nord), mène diverses activités agricoles et pastorales pour apporter une « réponse durable » à la malnutrition de ses enfants et de ses femmes enceintes.
Le visiteur venu par voiture de Matam débarque dans ce village niché au cœur de la commune de Ouro Sidy, au bout d’une heure à peu près. Il faut emprunter des pistes sablonneuses et tapissées d’arbustes épineux, des jujubiers pour la plupart.

Dolol Soubalo a accueilli, mercredi 15 janvier, une mission de la Cellule de lutte contre la malnutrition (CLM) venue s’enquérir des « résultats » du projet « Yélitaaré » (le développement à la base et par la base, en langue pulaar), consacré à la lutte contre « les crises nutritionnelles et alimentaires ».

Ce projet est mis en œuvre dans plusieurs collectivités territoriales de la région de Matam par la CLM, un organisme public sénégalais. Une grande case est construite au milieu de Dolol Soubalo, l’un des villages bénéficiaires du projet.

Elle sert de site de nutrition communautaire et accueille des activités de sensibilisation, de dépistage et de prise en charge sanitaire des femmes enceintes et des enfants à risque ou atteints de malnutrition. Des activités qui se déroulent sous la supervision d’une femme relais de santé communautaire, Aissatou Demba Ndiaye.

A Dolol Soubalo, la mission de la CLM a eu droit à des démonstrations de dépistage et de prise en charge des enfants malnutris modérés (MAM). Ceux des enfants victimes de malnutrition aiguë sévère (MAS) sont référés vers un établissement de santé par Mme Ndiaye. Elle assure le suivi mensuel de l’insuffisance pondérale des enfants de deux ans et la fortification à domicile des aliments des enfants de six à vingt-trois mois.
Vaincre la malnutrition
Mme Ndiaye mène également des activités de communication de proximité et est chargée de faire observer les mesures d’hygiène nécessaires, dont le lavage des mains et la consommation d’eau potable. Tout ce paquet de services offert pour l’exécution du projet « Yélitaaré » contribue à « améliorer le statut nutritionnel des enfants », autrement dit, vaincre la malnutrition, selon Aissatou Demba Ndiaye.
Le site de nutrition communautaire de Dolol Soubalo est l’un des 412 du genre, qui sont répartis dans la région de Matam.

A l’occasion de la visite de la CLM, les femmes ont exposé sur une grande table les produits tirés des périmètres agricoles aménagés à l’arrière-cour des concessions du village dans le but de vaincre la malnutrition.

Formées également aux techniques de transformation des céréales et d’autres produits agricoles, les femmes de Dolol Soubalo s’activent dans la production de farine enrichie à base de niébé, de mil et de maïs. Elles font aussi de la marmelade. Tout cela pour améliorer la nutrition des enfants.
Toutes ces activités font dire au chef du village que les populations « prennent à bras-le-corps la problématique de la malnutrition, pour en identifier les causes et y apporter des solutions pérennes ».

Pour y arriver, les habitants de Dolol Soubalo pratiquent l’agriculture et l’élevage des caprins. Ils entretiennent également des poulaillers dans les concessions.


Ces initiatives contribuent à la « résilience des ménages » contre la malnutrition, dans ce village du département de Kanel, selon Abass Ndiour, chargé de programmes à la CLM, en poste à Matam.

Toutes les communes du département de Kanel sont enrôlées pour la mise en œuvre du projet « Yélitaaré ». Et la priorité est donnée aux villages les plus vulnérables à la malnutrition, comme Barmathial et Hornoldé, où une rizerie de 22 hectares est exploitée par 60 ménages, selon la CLM. Un magasin de stockage de produits agricoles et une unité de transformation de riz sont installés dans certains villages.
« Chaque ménage a choisi une activité à mener pour l’amélioration de son alimentation », assure M. Ndiour.

Omar Demba Guèye, un bénéficiaire du projet « Yélitaaré », a préféré exploiter un poulailler. Hamady Silymane Gaye, qui a atteint le troisième âge, a misé sur l’élevage. Il a reçu des responsables du projet un bouc du Niger et trois chèvres qui ont donné naissance à des petits.

Un choix individuel, selon les possibilités de chacun

Dans l’une des concessions visitées par la mission de la CLM, Aminata Ndiaye s’active dans la production de tomate, d’aubergine, d’oseille, de poivron et de salade.

Son champ d’une centaine de mètres carrés est entouré d’un grillage couvert de draps, de rideaux et de moustiquaires usagés, qui le mettent à l’abri des animaux en divagation.

« Le choix de l’activité à mener par les bénéficiaires du projet est individuel et dépend des possibilités de chacun », explique Aby Ciss Dabo, codirectrice du projet.
Un encadrement technique est fourni aux bénéficiaires de « Yélitaaré ». Les responsables du projet mènent des activités de sensibilisation pour les aider à atteindre l’objectif fixé à travers les activités agricoles et pastorales de l’initiative : vaincre la malnutrition dans la région de Matam.
Le surplus d’œufs, de lait, de légumes et de viande de volaille est vendu par les exploitants pour se procurer des céréales, de l’huile et d’autres denrées nécessaires à l’équilibre de leur alimentation.
La région de Matam a longtemps été confrontée à des « crises nutritionnelles », avec des taux de malnutrition dépassant le seuil critique de 15%, selon la CLM.

Le projet « Yélitaaré » est financé par l’Espagne, sous l’égide de la coopération de l’Union européenne avec l’Etat du Sénégal.


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