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Le journaliste arrêté dans le nord du Mozambique va être jugé (ONG)

Un journaliste mozambicain arrêté au début du mois dans la province du Cabo Delgado (nord), en proie depuis un an à une violente insurrection islamiste, a été transféré dans une prison pour être jugé, a-t-on appris jeudi auprès d’une ONG.

Amade Abubacar, qui travaille pour une radio de la région (Rádio e Televisao Comunitária Nacedje de Macomia), avait été interpellé le 5 janvier par la police alors qu’il interrogeait les habitants d’un village attaqué par des islamistes.

Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ) et Amnesty International, il était depuis détenu sur une base militaire, sans aucun contact avec l’extérieur.

Le journaliste vient d’en être transféré vers une prison civile dans l’attente de son procès, a rapporté à l’AFP Lazaro Mabunda, du Media Institute for Southern Africa (MISA).

M. Mabunda a ajouté qu’aucune charge n’avait, à sa connaissance, été formellement notifiée à Amade Abubacar.

« On ne sait toujours officiellement rien de la situation d’Amade », a pour sa part déploré auprès de l’AFP son frère, Aly Abubacar. « C’est en lisant les réseaux sociaux que j’ai appris qu’il avait été transféré et inculpé », a-t-il ajouté.

Dans un entretien accordé à la presse locale, un procureur a indiqué que le journaliste serait jugé pour « incitation à la violence ». « Une plaisanterie », a immédiatement raillé Zenaida Machado, de Human Rights Watch (HRW).


Les ONG de défense des droits de l’homme exigent depuis dix jours la libération d’Amade Abubacar, dénonçant la volonté des autorités « de censurer la couverture de l’insurrection en arrêtant » les journalistes, selon le CPJ.

Depuis plus d’un an, un groupe jihadiste sème la terreur dans la province du Cabo Delgado, en multipliant les attaques meurtrières contre la population et les forces de l’ordre.

Plus d’une centaine de civils ont été tués lors de ces raids et des milliers d’autres contraints de quitter leur village.

Le mois dernier, un autre journaliste mozambicain, un membre d’Amnesty et leur chauffeur avaient été détenus deux jours dans le Cabo Delgado, avant d’être relâchés.

Le président mozambicain Filipe Nyusi a répété à de nombreuses reprises sa détermination à « neutraliser » les islamistes. HRW a accusé le mois dernier les forces de sécurité de « graves violations » des droits de l’homme.


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