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Le parc nucléaire français, 2e au monde avec 58 réacteurs

Le parc nucléaire français, avec 58 réacteurs, est le deuxième plus important au monde derrière celui des États-Unis (99 réacteurs), et fournit plus de 70% du total de l’électricité produite dans le pays.

Le gouvernement doit trancher la semaine prochaine entre trois scénarios allant de 0 à six fermetures de réacteurs d’ici 2028, sans compter les deux de Fessenheim qui seront les seuls à s’arrêter durant le quinquennat.

Actuellement, les centrales nucléaires françaises sont réparties sur 19 sites avec une puissance de production de 63.000 mégawatts (MW). La part du nucléaire dans la production d’électricité en France (71,6%) est de loin la plus importante au monde devant la Slovaquie (54%), l’Ukraine (52%), la Belgique (52%) et la Hongrie (51%).

Les 58 réacteurs en activité utilisent tous la technologie dite de deuxième génération, à eau pressurisée, et sont gérés par EDF. Parmi ceux-ci, on compte 34 réacteurs de 900 MW qui produisent chacun en moyenne de quoi fournir de l’électricité à 400.000 foyers. Il y a aussi 20 réacteurs de 1.300 MW et quatre de 1.450 MW.

– Fessenheim, doyenne des centrales –

Mise en service en 1977, Fessenheim (Haut-Rhin), située le long du Rhin, est la doyenne des centrales encore en activité. Elle devait fermer définitivement entre fin 2018 et début 2019. Mais cette fermeture pourrait être repoussée à fin 2019 ou au delà en raison d’un nouveau retard dans l’entrée en service de l’EPR de Flamanville.

Le groupe d’électricité public estime la durée de vie de ses centrales de deuxième génération à au moins 40 ans. Des organisations écologistes contestent cette analyse, comme le réseau Sortir du nucléaire pour qui le parc français « vieillissant » entraîne une dégradation « inévitable » de la sûreté.

Unique producteur d’électricité nucléaire en France, EDF a indiqué en janvier 2018 qu’il ne souhaitait pas arrêter d’autre réacteur que Fessenheim avant 2029.

Le coût brut du démantèlement de l’ensemble des 58 réacteurs à eau pressurisée a été estimé fin 2015 à 75 milliards d’euros par EDF, selon un rapport parlementaire de février 2017 jugeant sous-estimé ce montant.

EDF a déjà procédé à des démantèlements: neuf réacteurs de première génération mis en service entre 1963 et 1986 ont été mis définitivement à l’arrêt pour être démantelés, notamment sur les sites de Chinon-A (Indre-et-Loire), Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) et Bugey (Ain).


– Réduction prévue mais déjà ralentie –

Le gouvernement avait revu à la baisse fin 2017 ses ambitions de réduction de la part du nucléaire dans la production électrique, prévoyant de la ramener à 50% d’ici à 2030 ou 2035 au lieu de 2025 initialement.

La plupart des sites en activité ont commencé à fonctionner dans les années 80, comme à Tricastin (Drôme), Gravelines (Nord), Chinon-B (Indre-et-Loire), Flamanville (Manche) ou Cattenom (Moselle).

Les centrales les plus récentes sont celles de Chooz (Ardennes) et de Civaux (Vienne), entrées respectivement en service en 2000 et 2002.

Un réacteur dit de troisième génération, baptisé EPR pour réacteur pressurisé européen, est en cours de construction depuis 2007 à Flamanville.

Mais cette nouvelle technologie, présentée comme le « fleuron » de la filière nucléaire française avec une puissance élevée de 1.650 MW par réacteur et des systèmes de sauvegarde multipliés, accumule les déboires.

L’EPR de Flamanville devrait démarrer fin 2019, pour une mise en service commerciale en 2020, pour une durée de vie estimée de 60 ans, alors que son lancement était initialement prévu en 2012. Son coût a entretemps plus que triplé, à 10,9 milliards d’euros.

Sources: AFP, EDF, le gestionnaire public du réseau de transport d’électricité RTE et l’association américaine des industries nucléaires Nuclear Energy Institute (NEI).



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