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Le Venezuela de nouveau privé d’électricité

Le Venezuela était de nouveau privé d’électricité lundi depuis la mi-journée en raison d’une panne qui touche la capitale et les principales régions du pays, deux semaines après la gigantesque coupure de courant qui l’avait paralysé.

« Mais comment vais-je rentrer chez moi ? » se demande Ana Gonzalez, petite femme menue de 64 ans, employée dans un magasin de Caracas qui s’apprêtait à fermer en début d’après-midi. « Il n’y a pas de métro, il me faudra au moins deux heures parce que je me déplace lentement » confie-t-elle à l’AFP.

Le courant a été coupé à 13H20 (17H20 GMT), suspendant aussitôt les feux de signalisation, le métro, les réseaux de téléphones portables ainsi que l’internet et obligeant les magasins à baisser le rideau.

En plus de la capitale, au moins huit des 22 Etats abritant les principales villes du pays sont touchés, selon les messages affluant sur Twitter accompagnés du mot-dièse #SinLuz (#SansLumière), aussitôt remis en activité par les habitants pour signaler leur situation.

Le courant était ainsi coupé à l’est, dans la ville de Barcelona et l’Etat d’Anzoategui, dans le Sud à Ciudad Bolivar, et dans l’ouest à Carabobo, Vargas, Barinas, Barquisimeto et Merida dans les Andes, jusqu’à la frontière colombienne dans l’Etat de Tachira.

Dans d’autres localités, dont Maracaibo, la capitale pétrolière et l’Etat de Zulia, les internautes signalaient un courant « instable », une lumière « qui va et vient ».

– « Pas une autre panne! » –

« Oh non mon Dieu! pas une autre panne! » s’exclamait sur Twitter une jeune fille, Flore Melero.

Le pays se remet à peine d’une gigantesque panne généralisée du 7 au 14 mars, qui a suspendu les communications, les transports publics, la distribution de l’eau et du carburant ainsi que les approvisionnements en nourriture, et créé une situation chaotique dans les établissements de soins.

Selon une étude du Parlement vénézuélien – dominé par l’opposition – et de l’ONG Medicos por la Salud, seule la moitié des hôpitaux du pays sont équipés de générateurs.

Les écoles et les administrations étaient restées fermées pendant sept jours et l’ensemble de l’économie, dont la production pétrolière, mise à l’arrêt.


Les premières réactions recueillies par l’AFP témoignaient de l’abattement de la population déjà fortement éprouvée par la panne du 7 mars. « Tout ça nous entrave énormément dans nos activités » se lamente Yoan, électricien qui met la main aux dernières finitions d’une boutique de yaourts glacés.

« Ils ne réparent rien, les experts les avaient pourtant prévenus », ajoute Rafael, contraint de fermer son imprimerie ».

La dernière fois, le gouvernement de Nicolas Maduro avait accusé les Etats-Unis d’avoir conduit une attaque « cybernétique » contre la principale centrale du pays, Gurri, dans le sud, qui alimente 80% du territoire. Les observateurs avaient en revanche attribué la panne à un défaut d’investissements et d’entretien des infrastructures.

– Aéroport dans le noir –

« Qui vont-ils accuser cette fois? E.T? » ironise sur Twitter Jorge Arreaza qui signale que la lumière est éteinte à l’aéroport international. Il était cependant impossible de savoir si les vols étaient maintenus ou pas.

Dans un pays miné par l’inflation – 10 millions pour cent projetés par le FMI en 2019 – les transactions électroniques se sont généralisées, même pour les achats quotidiens en raison du manque de billets : la plus grosse coupure disponible, de 500 bolivars, permet tout juste d’acheter cinq cigarettes.

L’absence de courant paralysant les terminaux de paiements, la population avait éprouvé le plus grand mal à effectuer la moindre opération et à se ravitailler. Seules les personnes en possession de dollars avaient pu se tirer d’affaire .

Le chef de l’Etat Nicolas Maduro, dont le pouvoir est contesté par le chef de l’opposition Juan Guaido qui s’est proclamé président par intérim le 23 janvier, avait annoncé la création d’une « commission d’enquête présidentielle » présidée par la vice-présidente Delcy Rodriguez pour enquêter sur la panne du 7 mars.

Il avait l’intention de solliciter l’aide des Nations unies, de la Chine et de la Russie.

« On a des preuves qu’il s’agissait d’une cyberattaque menée depuis Houston et Chicago » aux Etats-Unis, avait-il insisté en désignant « le Pentagone » – le ministère américain de la Défense – comme le « commanditaire ».

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