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Le Zimbabwe enquête sur les violences post-électorales qui ont fait 6 morts

Une commission d’enquête sur la mort de six personnes dans les violences post-électorales au Zimbabwe a commencé mardi à entendre des témoins qui en ont imputé la responsabilité à l’opposition.

Le président Emmerson Mnangagwa a nommé une commission de sept membres, dirigée par l’ancien président sud-africain Kgalema Motlanthe, pour enquêter sur la mort de six personnes tuées lorsque l’armée a ouvert le feu lors de manifestations en août.

Des manifestants avaient protesté à Harare en accusant la Commission électorale d’avoir retardé la publication des résultats des élections générales du 30 juillet.

« Nous avons demandé instamment à tous les témoins et à ceux qui détiennent des informations d’aider au travail de la Commission », a déclaré M. Motlanthe. La Commission « étudiera si le degré de force utilisé était approprié ».

Un témoin, Patricia Ruzawi, a imputé la responsabilité des violences au Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition).

« Ils disaient +à bas Mnangagwa+ et qu’ils en avaient assez que les élections soient truquées », a-t-elle ajouté.

Nyasha Zenda, un membre du parti au pouvoir ZANU-PF et candidat aux élections, a déclaré qu’il avait été agressé par des partisans du MDC qui avaient ensuite brûlé son bus de campagne.


Un employé de la ZANU-PF, Peter Zimowa, a déclaré avoir vu des manifestants lancer des pierres sur le siège du parti au pouvoir.

Le MDC s’oppose au travail de la Commission, en expliquant qu’elle est composée de partisans connus de la ZANU-PF.

Les observateurs de l’Union européenne avaient dénoncé début octobre « la mort tragique le 1er août » de six manifestants à Harare « à la suite d’un recours excessif à la force de la part des forces de sécurité ».

« Les arrestations d’opposants, les descentes de police dans les bureaux de l’opposition et la confiscation d’ordinateurs juste après les élections étaient aussi destinées à affaiblir » l’opposition, avait estimé l’UE.

Les élections organisées sous l’ère de Robert Mugabe, au pouvoir pendant trente-sept ans, ont été régulièrement entachées de fraudes et de violences.

Son successeur et ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa, avait promis des scrutins libres et transparents. Il avait invité pour la première fois en seize ans des observateurs occidentaux, notamment l’UE et le Commonwealth.

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