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Législatives en Israël: la candidature d’un leader d’extrême droite invalidée

La Cour suprême a annoncé dimanche avoir invalidé la candidature aux législatives de Michael Ben-Ari, chef de file du parti d’extrême droite Force juive, accusé par le procureur général d’Israël « d’incitation au racisme » anti-Arabe.

La candidature controversée de cet homme politique aux élections législatives du 9 avril avait été approuvée le 6 mars par la commission électorale, mais le parti de gauche Meretz (opposition) avait saisi la Cour suprême pour la faire invalider.

La commission électorale était passée outre à l’avis du procureur général qui avait plaidé la disqualification du leader d’extrême droite. « Ben-Ari incite à la haine contre la population arabe sur des fondements ethniques et nationalistes », avait notamment mis en garde le procureur général Avichaï Mandelblit.

Les Arabes israéliens représentent 17,5% de la population d’Israël.

M. Ben-Ari et Itamar Ben Gvir, un autre militant de Force juive, se présentent sur la liste de deux partis nationalistes religieux.

C’est le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui avait poussé ces deux partis à les accepter sur leur liste, afin de consolider le bloc de droite et de pouvoir former une coalition de gouvernement après les élections.

M. Ben Gvir contre lequel un recours à la Cour suprême avait également été déposé pour invalider sa candidature, pourra lui se présenter, ont décidé les magistrats.

Les responsables de Force juive sont des disciples du rabbin américano-israélien Meïr Kahane, avocat jusqu’au-boutiste des causes juives et fondateur du parti anti-Arabe Kach, entré au Parlement après les élections de 1984 mais interdit de participer aux élections de 1988 car considéré comme raciste.


C’est la première fois dans l’histoire parlementaire israélienne qu’un candidat ayant obtenu le feu vert de la commission électorale se voit finalement interdit de se présenter, selon le parti Force juive.

« Une junte judiciaire tente d’imposer ses lois…ce n’est pas la démocratie », a dénoncé M. Ben-Ari dans une conférence de presse.

De son côté, Tamar Zandberg, à la tête du parti de gauche Meretz, a affirmé dans un communiqué que « la place des gens qui croient à la supériorité de la race est derrière les barreaux et pas au Parlement ».

La Cour suprême s’est également prononcée dimanche sur trois autres recours d’invalidation.

Les deux listes arabes Hadash-Taal et Raam-Balad sont autorisées à se présenter. La dernière, Raam-Balad, avait été invalidée le 6 mars par la commission électorale pour « soutien au terrorisme ».

Enfin, Ofer Kassif, candidat juif sur la liste du parti judéo-arabe d’extrême gauche Hadash a lui aussi été autorisé à se présenter.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, figure de la droite nationaliste et ardente défenseure de la colonisation des territoires palestiniens, s’est emportée contre la décision de la Cour suprême jugeant « qu’invalider Ben-Ari et valider les partis qui soutiennent le terrorisme est une intervention flagrante contre le coeur de la démocratie israélienne ».

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