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L’émissaire de l’ONU pour le Yémen poursuit à Ryad ses efforts de paix

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L’émissaire de l’ONU pour le Yémen en guerre, Martin Griffiths, a commencé lundi à Ryad ses consultations destinées à organiser des pourparlers de paix, en rencontrant les dirigeants yéménites en exil dans la capitale saoudienne.

Après une mission au Yémen où il a rencontré les chefs rebelles, M. Griffiths a évoqué avec le vice-président Ali Mohsen al-Ahmar les « préparatifs du prochain round » des discussions de paix prévues en Suède, en rappelant que le gouvernement était en faveur de leur tenue à une date qui reste à fixer par l’ONU.

Il a insisté, selon l’agence de presse Saba, sur la nécessité de consolider les efforts par des « mesures de confiance de nature à prouver le sérieux et la crédibilité » des rebelles.

M. Griffiths devait également rencontrer le président Abd Rabbo Mansour Hadi, dont le gouvernement est reconnu par la communauté internationale, et son ministre des Affaires étrangères, Khaled al-Yamani, selon un responsable saoudien.

M. Hadi et plusieurs membres de son gouvernement vivent en exil en Arabie saoudite, pays voisin qui intervient militairement depuis 2015 au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis.

L’effort de paix actuel de Martin Griffiths est le plus important en deux ans dans un pays dévasté par une guerre qui a fait depuis 2015 quelque 10.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. Le bilan pourrait être cinq fois plus lourd selon certaines organisations humanitaires.

L’étape saoudienne de la mission de M. Griffiths a coïncidé avec un retour au calme à Hodeida, ville stratégique de l’ouest du Yémen, principal front de la guerre par où transitent 75% de l’aide humanitaire.

– Affrontements mineurs –

L’émissaire de l’ONU s’est personnellement rendu vendredi dernier dans cette ville portuaire de la mer Rouge où il a plaidé pour une trêve permanente.

Les rebelles sont retranchés dans la ville qu’ils défendent contre une offensive des forces progouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, les deux piliers de la coalition militaire hostile aux insurgés.

Sous la pression internationale, le gouvernement et la coalition ont suspendu une offensive de cinq mois. Les combats à Hodeida s’étaient intensifiés début novembre lorsque les forces loyalistes avaient tenté d’entrer dans la ville.

Avant sa visite à Hodeida, M. Griffiths a eu à Sanaa des entretiens avec les chefs rebelles qui ont exprimé leur disposition à parler de paix à l’issue d’une guerre qui a mis à genou l’économie du pays.


Alors que l’avancée des loyalistes sur Hodeida est stoppée, des affrontements mineurs se sont poursuivis dans et autour de la ville.

– Répit pour les humanitaires –

M. Hadi a déclaré qu’il soutenait les pourparlers prévus en Suède tout en jurant de « libérer » Hodeida.

Toujours dans le camp progouvernemental, le porte-parole de la coalition conduite par l’Arabie saoudite a accusé lundi les rebelles yéménites de chercher à « détruire » les efforts de paix.

« Les efforts de paix se poursuivent en dépit des tentatives des Houthis de les détruire », a ainsi souligné devant la presse à Ryad le colonel saoudien Turki al-Maliki.

Les organisations humanitaires espèrent que les efforts de paix se traduisent par un arrêt permanent de la guerre, soulignant que la désescalade à Hodeida offrait un répit désespérément souhaité pour venir en aide à des centaines de milliers de civils.

Les agences de l’ONU affirment que 14 millions de Yéménites risquent de mourir de faim et qu’une fermeture du port de Hodeida aggraverait la crise humanitaire.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué vendredi avoir distribué 30.000 paniers alimentaires – contenant chacun de quoi nourrir une famille de six personnes pendant un mois – à Hodeida.

En septembre, une précédente série de pourparlers de paix menés sous l’égide de l’ONU a échoué lorsque les Houthis ont refusé de se rendre à Genève, accusant l’organisation internationale de ne pas garantir le retour de leur délégation à Sanaa.

En 2016, des pourparlers ont échoué après 108 jours de négociations au Koweït. Les délégués rebelles sont restés bloqués à Oman pendant trois mois après la fin de ces discussions.

burs-ac/mh/feb



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