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Les besoins de financement des PME africaines chiffrés à 331 milliards de dollars

Thameur Hemdane, le co-président de Financement participatif Afrique et Méditerranée (FPAM) a déclaré, jeudi à Dakar, que les besoins de financement des Petites et moyennes entreprises en Afrique sont estimés à 331 milliards de dollars.« En Afrique, il y a 44 millions de PME formelles représentant 33 % du Produit intérieur brut du continent et 45 % des emplois. Pourtant, 70 % d’entre elles manquent de financement à long terme et 80 % n’ont pas accès au crédit bancaire. Leurs besoins en financement se chiffrent à 331 milliards de dollars. Le déficit de financement est la première barrière au développement des PME africaines », a soutenu Thameur Hemdane.

Le co-président de Financement participatif Afrique et Méditerranée (FPAM) s’exprimait au Forum du crowdfunding (financement participatif) en Afrique placé sous le thème de « l’innovation financière au service du développement ».

« En Afrique de l’Ouest, selon le Strategic Marketplace Initiative (SMI Forum), il y aurait un déficit de 10 milliards de dollars pour le financement des PME formelles. Pour le Sénégal, c’est 1 milliard de dollars. La Banque mondiale et d’autres partenaires doivent donc mettre en place toutes les conditions pour que ce gap soit résorbé entre 5 et 10 ans », a souligné Laurent Gonnet, spécialiste principal du secteur financier à la Banque mondiale (BM).

Pour pallier ce problème de levée de fonds, le crowdfunding est une alternative crédible mais il demeure insuffisant. « En 2017, le montant total du crowdfunding en Afrique était de 153 millions de dollars. Le système n’est pas encore totalement sécurisé », a informé Valérie Dabady, responsable du département de la mobilisation des ressources et des financements extérieurs à la Banque africaine de développement (BAD).

De l’avis de M. Gonnet, la solution réside dans trois leviers. « Le premier est la concurrence au sein du secteur financier parce que si elle n’existe pas, les intervenants n’iront pas vers les PME. Le deuxième levier, c’est l’infrastructure de crédit qui annihile la symétrie d’informations entre le banquier et son client. Le troisième est la nécessité d’intervention publique avec la banque centrale, le ministère des finances ou d’autres forces publiques », a-t-il indiqué.


Poursuivant, le spécialiste principal du secteur financier à la Banque mondiale (BM) a insisté sur le régime des collatéraux, c’est-à-dire la garantie exigée aux clients par les banques. Laurent Gonnet a fait remarquer que « souvent le banquier demande un immeuble, une maison, un terrain comme garantie sans laquelle il n’y a pas de financement. Cela n’arrangeant pas les jeunes entreprises, les financements vont finalement aller à ceux qui ont déjà de la richesse ».

Pour lui, il est donc impératif d’élaborer « un régime des collatéraux élargi dans lequel d’autres types de garantie seront proposés aux banquiers ». A ce sujet, Thameur Hemdane se demande si « aujourd’hui, le savoir-faire ou l’intégration dans un marché ne peuvent pas constituer des garanties ».

De manière structurelle, Laurent Gonnet a estimé qu’il faut faire « saliver les banques en leur faisant comprendre que le financement des PME peut rapporter de l’argent ». En outre, il a exprimé son souhait de voir les « ministères des finances mettre en place des fonds de garantie qui offrent aux banques un niveau de confort supplémentaire leur permettant de financer un peu plus les PME ».

Concluant, Valérie Dabady a reconnu que « le financement est seulement une partie des besoins d’une PME pour réussir », car, note-t-elle, la formation et le soutien dans les démarches administratives » sont aussi importants.       



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